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Né vers 1937 en Galilée, Naji al-Ali est un dessinateur et caricaturiste palestinien. Sa famille se réfugie en 1948 après la Nakba au Liban, dans le camp de réfugié de Ein-el-elweh. 

Naji al-Ali est parti ensuite à Beyrouth, où il a vécu sous une tente dans le camp de Chatila et a eu plusieurs emplois dans l’industrie. En 1957, après s’être qualifié comme mécanicien auto, il a voyagé en Arabie Saoudite, où il a travaillé pendant deux ans. En 1959, Naji al-Ali revient au Liban et, la même année, il rejoint le Mouvement Nationaliste Arabe (MNA), dont il a été renvoyé quatre fois en un an pour manque de discipline. Entre 1960 et 1961, avec des camarades du MNA, il publie un journal politique manuscrit appelé « Al-Sarkha » (Le cri).

L’écrivain et militant politique Ghassan Kanafani voit quelques dessins de Naji al-Ali lors d’une visite à Ain al-Hilweh et publie le premier l’artiste, avec un article d’accompagnement, dans Al-Hurriya n°88, le 25 septembre 1961.

A partir de 1968, il travaille pour Al-Siyasa. Pendant ces années-là, il revient plusieurs fois au Liban. En 1974, il commence à travailler pour le journal libanais Al-Safir, ce qui lui permet de revenir au Liban pour une période plus longue. Pendant l’invasion israélienne du Liban en 1982, il est brièvement détenu par les forces occupantes, avec d’autres habitants de Ain al-Hilweh. 

Il était membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

Dans sa carrière de caricaturiste politique, Naji al-Ali a produit plus de 40 000 dessins dont la plupart étaient consacrées à la situation imposée aux Palestiniens et à la lutte de tous les opprimés du monde arabe, face à l’Etat israélien mais aussi aux régimes réactionnaires du monde arabe.

Contrairement à beaucoup de caricaturistes politiques, les politiciens n’apparaissent pas en personne dans son travail ; comme il le disait : « J’ai un regard de classe, c’est la raison pour laquelle mes dessins ont cette forme. Ce qui est important, c’est de dessiner des situations et des réalités, pas de dessiner des présidents et des dirigeants. »

Il est l’auteur du personnage Handala. C’est un petit garçon âgé de 10 ans, c’est l’âge qu’avait Naji lorsqu’il avait quitté la Palestine, pieds nus comme tous les enfants qui habitent les camps de réfugiés palestiniens. Handala est situé dans l’espace sans terrain d’appui car il est sans patrie. C’est le témoin de la tragédie de tout un peuple, le personnage est toujours dessiné de dos, visage tourné vers la Palestine, et les mains croisées en signe de refus des solutions proposées par les États-Unis et leurs alliés arabes et israéliens. Il ne devrait dévoiler son visage que le jour où la dignité arabe ne sera plus menacée et où il retrouvera sa terre natale.

Le 22 juillet 1987, Naji al-Ali se fait tirer dessus à Londres, il succombe de ses blessures le 29 août de la même année. Il est possible que les commanditaires du meurtre aient été des agents de l’OLP. Quoi qu’il en soit, l’implication des services secrets israéliens, le Mossad, est une certitude.