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Alors que nous nous approchons du premier anniversaire de la Grande Marche du Retour et de la lutte contre le siège de Gaza – ainsi que du 43ème anniversaire de la Journée de la Terre – le Réseau de solidarité avec les Prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre notre collectif Palestine Vaincra, se joint aux Palestiniens et au monde entier pour encourager tous les partisans de la justice à se joindre aux actions de solidarité à ce moment décisif. 

La Journée de la Terre est célébrée depuis 1976, non seulement pour souligner le lien qui unissait les Palestiniens à la terre et leur lutte pour la libérer du colonialisme en cours, mais aussi pour commémorer les 6 Palestiniens tués le 30 mars de cette année en Palestine occupée alors qu’ils protestaient contre le vol et la confiscation de leur terre.

Les Palestiniens à Gaza, 70% d’entre eux étant réfugiés, se sont vu refuser le droit de rentrer chez eux. La Marche a marqué cette journée en 2018, amenant des dizaines de milliers de personnes et même plus à la « frontière » imposée par la colonisation et à la « barrière » associée afin de réclamer la fin du siège étouffant sous lequel ils ont été assiégés pendant plus de dix ans, s’intensifiant progressivement et se poursuivant au cours de trois guerres dévastatrices. 

Ils ont également mis au premier plan le cœur de la lutte palestinienne pour la libération: le droit au retour des réfugiés palestiniens et la récupération de leurs terres confisquées par la colonisation sioniste. C’est une lutte qui appartient non seulement aux Palestiniens de Gaza, mais à tous les Palestiniens du monde, en particulier à ceux des camps de réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie et aux Palestiniens dispersés encore plus loin de leur patrie.

Pour avoir organisé en masse une manifestation collective mettant en avant ce droit palestinien fondamental, ces manifestants sont menacés de répression brutale et d’assassinats depuis près d’un an. Les forces d’occupation israéliennes ont abattu de sang-froid des médecins, des journalistes, des enfants, des aînés et des personnes handicapées, alors qu’ils protestaient pour leur droit. Et malgré les meurtres, ils ont persisté et sont restés, marchant chaque vendredi pour revendiquer leurs droits dans un soulèvement qui a inspiré les peuples du monde entier, et en particulier les Palestiniens, avec un objectif clair à atteindre : le retour et la libération.

En effet, l’État d’occupation israélien a tenté à plusieurs reprises de faire pression sur les Palestiniens pour qu’ils arrêtent les manifestations, par le biais d’un siège continu et intensifié, d’une attaque militaire brutale. Malgré l’impunité dont jouissent les responsables israéliens et le soutien sans précédent qu’ils reçoivent du gouvernement américain et d’autres puissances mondiales, la réalité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par Israël n’a peut-être jamais été aussi claire, comme l’a récemment affirmé un nouveau rapport d’une commission indépendante du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Dans le contexte de la fragmentation des Palestiniens, la Grande Marche du Retour, lors de la Journée de la terre, a une nouvelle fois mis en évidence le fait que la lutte des Palestiniens est une lutte – des citoyens palestiniens d’Israël en Palestine jusqu’à ceux de Jérusalem en Cisjordanie. , dans la bande de Gaza, en Jordanie, dans les camps au Liban et en Syrie et partout dans le monde en exil et dans la diaspora. À ce nombre, il faut également ajouter les quelque 6 000 prisonniers palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes, qui continuent de faire face à la lutte incessante à l’intérieur des prisons et à l’isolement qui leur est imposé.

Chaque soulèvement et acte de résistance à l’intérieur des prisons israéliennes fait partie de la même lutte contre le siège et l’isolement que représente la Grande Marche du Retour et contre le blocus de Gaza. La bande de Gaza elle-même est souvent décrite comme une «prison à ciel ouvert», ce blocus est une autre forme de torture et d’isolement colonial similaires à ceux imposées aux Prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. La lutte pour briser le blocus est une lutte pour briser tous les blocus qui encerclent les Palestiniens : des campagnes racistes de discrimination et d’exclusion toujours plus intensives en Palestine de 48, du nettoyage ethnique à Jérusalem, des raids, des meurtres et des colonies de peuplement en Cisjordanie, l’isolement des réfugiés palestiniens dans les camps, la criminalisation et la répression de l’activisme palestinien dans le monde.

Depuis le 30 mars 2018, le ministère palestinien de la Santé a confirmé que les forces d’occupation israéliennes avaient tué 266 personnes, dont 50 enfants, six femmes et un homme âgé. 30 398 personnes ont été blessées, dont 16 027 furent hospitalisées. Parmi les Palestiniens hospitalisés figurent 3 175 enfants et 1 008 femmes. Au cours des manifestations, 6 857 Palestiniens ont été abattus avec des balles réelles et 844 autres avec des balles en métal recouvert de caoutchouc. 1 503 ont été touchés à la tête et au cou, 7 731 aux jambes et 732 à la poitrine et au dos; 136 Palestiniens ont été amputés. 

Les secouristes Razan al-Najjar , Abdullah al-Qati et Musa Abu Hassanein ont été tués par les forces de l’occupation et 665 autres ont été blessés; 112 ambulances ont été endommagées. Deux journalistes, Yaser Murtaja et Ahmed Abu Hussein , ont été tués et 347 autres ont été blessés.

En dépit de ce prix, les Palestiniens continuent de marcher pour briser le siège, pour gagner la liberté pour tous, des prisons aux camps, en passant par les rues, les champs et les rives de Gaza (où pêcheurs et agriculteurs risquent la mort ou l’emprisonnement pour travailler pour leurs familles et leurs communautés.) Ils continuent de marcher, pour leur droit de rentrer chez eux, pour la libération de la Palestine.

Ce week-end, nous vous appelons à répondre aux appels à la solidarité – à rejoindre les manifestations et initiatives solidaires organisées dans le monde entier, afin de faire écho aux appels lancés par des Palestiniens à l’intérieur des prisons israéliennes et de la prison à ciel ouvert de Gaza pour la fin du blocus et pour le droit de retour.

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra