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Entre 1975 et 1987 environ, Naji Al-Ali a créé des caricatures décrivant la complexité de la situation critique des réfugiés palestiniens. Il a créé le personnage d’Handala, que l’on retrouve dans la plupart de ses caricatures et dessins.

Handala est un petit garçon âgé de 10 ans, c’est l’âge qu’avait Naji lorsqu’il avait quitté la Palestine, pieds nus comme tous les enfants qui habitent les camps de réfugiés palestiniens. Handala est situé dans l’espace sans terrain d’appui car il est sans patrie. C’est le témoin de la tragédie de tout un peuple, le personnage est toujours dessiné de dos, visage tourné vers la Palestine, et les mains croisées en signe de refus des solutions proposées par les États-Unis et leurs alliés arabes et israéliens. Il ne devrait dévoiler son visage que le jour où la dignité arabe ne sera plus menacée et où il retrouvera sa terre natale.

Naji Al-Ali a écrit: « L’enfant Handala est ma signature, tout le monde me parle de lui partout où je vais. J’ai donné naissance à cet enfant dans le Golfe et je l’ai présenté à la population. Son nom est Handala et il a promis aux gens de rester fidèle à lui-même. Je l’ai dessiné comme un enfant qui n’est pas beau; ses cheveux sont comme les cheveux d’un hérisson qui utilise ses épines comme une arme. Handala n’est pas un enfant gros, heureux, détendu ou choyé. Il est pieds nus comme les enfants du camp de réfugiés et c’est une icône qui me protège des erreurs. Même s’il est rugueux, il sent l’ambre. Ses mains sont jointes derrière son dos en signe de rejet à un moment où des solutions nous sont présentées à l’américaine. 

Handala est né à dix ans et il aura toujours dix ans. À cet âge, j’ai quitté mon pays natal et à son retour, Handala aura toujours dix ans, puis il commencera à grandir. Les lois de la nature ne lui sont pas applicables. Il est unique. Les choses redeviendront normales lorsque la patrie reviendra.

Je le présentai aux pauvres et le nommai Handala, symbole d’amertume. Au début, c’était un enfant palestinien, mais sa conscience s’est développée pour devenir un horizon national puis mondial et humain. C’est un enfant simple mais dur, et c’est pourquoi les gens l’ont adopté et ont estimé qu’il représentait leur conscience. »

Naji Al-Ali avait réagit au procès de Georges Abdallah en France par une caricature de 1986, faite dans le journal du FPLP AL Hadaf, où l’on retrouve encore Handala. Le personnage de gauche représente les régimes arabes et déclare « Je n’ai rien à voir avec Georges Abdallah ». Le caricaturiste dénonce ici l’inaction, voir la complicité, des régimes arabes dans la captivité en France de Georges Abdallah.

Quelques exemples de caricatures de Naji Al-Ali où l’on retrouve son personnage d’Handala, retrouvez en d’autres sur un site en anglais dédié au personnage :

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