Partager :

Les institutions pénitentiaires palestiniennes, notamment la Commission des affaires des prisonniers, la Société des prisonniers palestiniens, l’Association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits de l’homme et le Centre Al-Mezan pour les droits de l’homme, ont publié le rapport suivant pour mai 2019 le 16 juin. La traduction anglaise a été faite par le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun et en français par le Collectif Palestine Vaincra.

En mai 2019, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté 421 Palestiniens, dont 78 enfants et 6 femmes. Les autorités d’occupation israéliennes ont capturé 145 Palestiniens de la ville de Jérusalem, 59 de la province de Ramallah, 60 de la province d’Al-Khalil, 30 de la province de Jénine, 21 de la province de Bethléem, 32 du gouvernorat de Naplouse, 13 de la province de Tulkarem, 19 de la province de Qalqilya, 8 de la province de Tubas, 8 de la province de Salfit, 14 de la province de Jéricho et 12 de la bande de Gaza.

Le nombre de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes a atteint 5 500 à la fin du mois de mai, dont 43 femmes. Le nombre d’enfants emprisonnés dans les prisons israéliennes a atteint environ 220.

Le résumé qui suit met en lumière les réalités auxquelles sont confrontés les détenus dans les prisons et les centres de détention, ainsi que les actions les plus marquantes menées par les autorités d’occupation au cours du mois de mai.

 

Grèves de la faim en mai 2019

 

Plusieurs prisonniers ont poursuivi leurs grèves de la faim contre la détention administrative en mai 2019, notamment le prisonnier Hassan Al-Aweiwi, qui a commencé sa grève en avril et dont l’état de santé s’est considérablement détérioré. Les autorités d’occupation ont clairement fait preuve d’intransigeance en refusant de répondre à ses demandes et de mettre fin à sa détention administrative.

Les institutions pénitentiaires palestiniennes ont documenté les représailles exercées par l’administration pénitentiaire d’occupation israélienne contre Hassan Al-Aweiwi depuis le début de sa grève, notamment son isolement, le refus pour sa famille de lui rendre visite et son transfert fréquent d’un centre de détention à un autre ainsi que dans des hôpitaux civils.

Hassan Al-Aweiwi a 35 ans, est mariée et a trois enfants. Il avait déjà été arrêté à plusieurs reprises, le plus récemment le 15 janvier 2019.

Bassam Abu Akkar, du camp d’Aida à Bethléem, a entamé une grève de la faim le 21 mai, rejetant sa détention administrative après deux années consécutives. Il a mis fin à sa grève après avoir conclu un accord limitant sa détention administrative.

Abu Akkar, dirigeant du mouvement des prisonniers, a passé au total 24 ans et demi dans les prisons israéliennes, entre sa peine et sa détention administrative. Il est détenu sans inculpation ni jugement depuis le 27 juillet 2017; il est marié et père de sept enfants.

Parmi les prisonniers qui ont pris part à des grèves de la faim au cours du mois de mai se trouvaient Ahmed Hroub de la province d’Al-Khalil, Thaer Badr de Beit Liqya, le blessé Moataz Abidu d’al-Khalil et Murad Malisha de Jénine.

 

Négligence médicale

 

Plus de 750 prisonniers continuent de subir une politique de négligence médicale de la part de l’administration pénitentiaire israélienne, qui est systématiquement utilisée comme moyen de représailles et de pression.

La situation médicale des prisonniers palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes devient de plus en plus sérieuse à chaque vague d’escalade de l’administration pénitentiaire, la dernière en date étant la série de mesures restrictives qui a suivi la publication des recommandations du comité formé par le ministre de l’occupation Gilad Erdan et qui exercera une pression accrue sur les prisonniers en septembre 2018.

Ces restrictions comprenaient une intensification de la politique de négligence médicale envers les prisonniers malades et blessés, ce qui a entraîné une augmentation des souffrances causées par les effets de leur maladie, même après leur libération.

L’occupation utilise la négligence médicale comme moyen de torture et de pression sur les détenus pour leur extorquer des aveux ou tenter de briser leur moral et pour accroître leurs souffrances dans les prisons. Cette négligence médicale est institutionnalisée dans le système pénitentiaire et les centres de détention. Par exemple, les cliniques pénitentiaires manquent de personnel médical spécialisé ou d’équipement pour effectuer les tests nécessaires pour traiter les problèmes soulevés par les prisonniers. Si la santé d’un détenu se détériore, il est transféré à la clinique de la prison de Ramle, qui n’est pas très différente de celle des cliniques de la prison en ce qui concerne le niveau des soins médicaux disponibles. Cependant, la clinique de Ramle s’adresse aux détenus atteints d’une invalidité permanente, d’une grave détérioration médicale ou d’une maladie en phase terminale.

Actuellement, 15 prisonniers malades sont détenus à la clinique de la prison de Ramle dans des conditions inhumaines et inappropriées. Dans les cas particulièrement difficiles, les prisonniers sont transférés dans des hôpitaux civils israéliens, en particulier pour les tests requis.

L’occupation retarde le traitement des prisonniers malades, qu’il s’agisse de la fourniture de médicaments ou des tests nécessaires pour diagnostiquer l’état du patient, ce qui peut aggraver leur état et entraîner l’apparition de nouveaux problèmes de santé.

 

L’été est une saison de souffrance pour les Palestiniens emprisonnés

 

Les autorités d’occupation israéliennes donnent tous les détails de la vie des détenus palestiniens ; même les changements de saisons apportent plus de souffrance. L’humidité et le manque de ventilation dans les prisons et les centres de détention israéliens augmentent également à mesure que la température augmente. La souffrance des prisonniers est doublée, en particulier dans le désert ou près de la côte. Certaines prisons souffrent d’infestations d’insectes ou d’odeurs désagréables et l’administration pénitentiaire refuse souvent d’installer des climatiseurs ou d’autres équipements de refroidissement dans les prisons. Parfois, l’eau froide est délibérément coupée ou les prisonniers isolés se voient refuser l’eau froide.

Selon le contrôle des associations de prisonniers, les plaintes des prisonniers ne cessent d’augmenter parallèlement à la température et à l’humidité, notamment à Saba, Nafha, Ramon et à la prison du désert du Néguev (notamment les sections de tente), à ​​la prison de Damon (où les femmes détenues sont détenues), à Ramle-Nitsan dans les sections souterraines et à Shata et Gilboa, où l’humidité est élevée.

 

Amendes de 60 000 NIS (soit 14 806 euros) infligées à des enfants palestiniens prisonniers à Ofer

 

En mai, les tribunaux d’occupation israéliens ont infligé des peines de prison à un certain nombre d’enfants prisonniers dans les prisons militaires d’Ofer, en plus de lourdes amendes d’un montant supérieur à 60 000 NIS (soit 14 806 euros). En mai 2019, 43 enfants prisonniers ont été transférés à la prison d’Ofer ; 22 ont été capturés chez eux, 12 dans la rue, 7 arrêtés faute de permis et 2 après avoir été convoqués à un interrogatoire.

Quatre de ces enfants ont été arrêtés après avoir été touchés par balle par des soldats de l’occupation israélienne et neuf autres ont été battus pendant leur détention et emmenés dans des centres d’interrogatoire israéliens. En mai 2019, 31 enfants ont été condamnés, leur peine réelle allant de 31 jours à 10 mois.

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra