Il est communément admis que le blocus imposé dans la Bande de Gaza par l’Etat sioniste débute à la suite des élections législatives de 2006 et la victoire du Hamas. Pourtant, dès 1984, une ordonnance interdit aux agriculteurs de planter des arbres fruitiers en grande quantité, sans l’autorisation du gouvernement militaire israélien. S’ensuivront des restrictions toujours plus fortes qui culmineront en 2007 avec la fermeture des points de passage avec l’Égypte et Israël, une liste toujours plus longues de produits interdits à l’importation et des bombardements réguliers par l’armée sioniste qui poursuit ses massacres en toute impunité. Le blocus de 2007 n’est que la résultante d’une politique plus vaste de contrôle du maximum de Palestinien·ne·s sur le plus petit territoire possible.

2007, date officielle du début du blocus de Gaza, est également celle retenue par la grande majorité des organisations de soutien au peuple palestinien. Il s’agit là d’une victoire claire de la propagande israélienne dans sa politique de « cause à effet » : « le contrôle de la Bande de Gaza par le Hamas est une menace. Israël doit se défendre ». Mais bien avant 2007, l’Etat sioniste impose ses premières restrictions qui sont les prémices d’un blocus total.

Il y a près de 30 ans, en 1991, lors de la première Intifada, Israël décide de suspendre l’autorisation des permis de sortie généralisés. Cela implique de facto un isolement des habitant·e·s de Gaza et de la Cisjordanie qui ne peuvent plus aller et venir sans un permis individuel pour passer par Israël (Palestine 48).

Deux ans plus tard, en 1993, les premiers checkpoints sont mis en place. Progressivement, les restrictions vont s’étendre et lors de la deuxième Intifada, en septembre 2002, Israël interdira aux étudiant.e.s palestinien.ne.s de circuler entre Gaza et la Cisjordanie.

Après l’interdiction de circulation, arrivent les premières restrictions économiques. En 2003, le terminal de Karni (poste-frontière au Nord de la Bande de Gaza) est ouvert au bon vouloir des autorités sionistes : Gaza ne peut plus exporter ses produits et les importations sont également touchées.

Deux ans plus tard, en 2005, c’est le désengagement, censé marquer la fin de l’occupation de Gaza. L’évacuation des colons de la bande de Gaza qui est présentée par Israël et ses alliés comme un effort dans le « processus de paix » n’est en réalité qu’une manœuvre politique visant à renforcer toujours plus la main-mise israélienne sur la Bande de Gaza et l’enfermement des Gazaouis.

Cette politique portera ses fruits suite aux élections législatives de 2006 qui voient le Hamas remporter plus de la moitié des sièges dans la Bande de Gaza. Surpris par ces résultats électoraux, Israël et ses alliés occidentaux conditionnent a posteriori la reconnaissance du futur gouvernement palestinien à la reconnaissance de l’État d’Israël (entre autres) et imposent déjà des sanctions économiques. Côté palestinien, un gouvernement d’unité nationale est formé quelques mois plus tard mais celui-ci fera long feu et débouchera sur des affrontements violents entre Fatah et Hamas. En juin 2007, le Fatah quitte la Bande de Gaza et le Hamas assoit son pouvoir. En guise de représailles et en plus des sanctions économiques, Israël et l’Égypte ferment les points de passage avec la Bande de Gaza qui devient une prison à ciel ouvert. Pendant trois ans, mis à part quelques dizaine de produits autorisés, la Bande de Gaza est privée de toute importation de produits commerciaux. Parmi ces interdictions destinées à « lutter contre le terrorisme », on notera le chocolat, le café et les chips, véritables armes de destruction massive selon l’occupant… Le ciment est également interdit, ce qui empêche la reconstruction des bâtiments détruits lors des multiples bombardements de Tsahal. En 2009, Israël décide d’expulser 1200 enfants ainsi que leur parents, travailleurs et travailleuses palestinien·ne·s, né·e·s en Palestine 48 et de les envoyer à Gaza.

Aujourd’hui, les deux millions d’habitants de la Bande de Gaza vivent dans un territoire dévasté par les opérations militaires successives (2008, 2012, 2014), les bombardements récurrents et une énorme crise humanitaire. Plus d’un.e actif·ve sur deux est sans emploi ; 95% de l’eau courante n’est pas potable (les usines de désalinisation ont été détruites, comme l’ensemble des usines) ; fioul, gaz et gazole sont quasi introuvables et les médicaments sont sous embargo. En moyenne, les Gazaouis profitent de 8h d’électricité par jour. Sous contrôle israélien, l’accès au courant peut tomber à 2 ou 4 heures, ce qui a un impact considérable sur le fonctionnement de l’industrie mais également des infrastructures médicales, etc. Les pêcheurs se voient régulièrement réduire leur zone de pêche et même interdire de travailler. En imposant des zones tampons (interdites aux Palestinien·ne·s), Israël a confisqué 30% des terres agricoles. Et la liste est longue ! Résultat, près de 70% des habitants de Gaza vivent sous le seuil de pauvreté.

Malgré les multiples et diverses condamnations, le blocus de la Bande de Gaza est maintenu et régulièrement renforcé. Il ne s’agit là que d’une composante dans l’agenda politico-militaire de l’Etat sioniste qui a pour finalité le contrôle et à l’annexion totale de la Palestine et de sa population. En désignant le Hamas comme ennemi numéro un et responsable de la situation dans la bande de Gaza, Israël poursuit sa tentative d’annihiler la Résistance palestinienne. Preuve s’il en est de la vivacité de cette résistance : les inarrêtables « Grandes Marches pour le Retour » qui ont lieu depuis le printemps dernier. Elles ont rassemblé des milliers de Gazaouis qui font fi des tirs à balles de Tsahal et répondent à coup de ballons de baudruches enflammés. Il n’en fallait pas davantage pour qu’Israël fasse une nouvelle fois preuve de son cynisme : 167 colis de jouets type petits drones ont été interceptés et les ballons de baudruches mis à l’amende, ont été bloqués à la frontière.

 

Source : Wikipédia – 2012