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L’implication de l’agence de renseignement nationale israélienne Mossad dans des initiatives contre la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) a été révélée par une demande d’Accès à l’Information.

L’organisation israélienne de défense des droits Hatzlaha a adressé cette demande à tous les ministres, sous-ministres et directeurs généraux de ministères, en publiant ainsi le journal de bord du ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, qui a dirigé la guerre de facto menée par Israël contre le BDS.

Les notes ont révélé qu’Erdan avait rencontré l’année dernière le chef du Mossad Yossi Cohen à propos de « la lutte contre le boycott ». Bien que des rumeurs selon lesquelles le Mossad ait aidé l’État dans ses activités anti-BDS aient circulé dans le passé, la divulgation d’aujourd’hui constitue une nouvelle preuve de la participation de l’agence de renseignement.

Le bureau de M. Erdan a affirmé dans une déclaration qu’il « a rencontré au cours du dernier mandat les responsables des services de sécurité pour les informer des activités du ministère liées à la lutte contre la campagne de délégitimation et de boycott [BDS] », soulignant que la réunion constituait uniquement « une revue » des efforts du ministère.

Cependant, des sources proches des activités du ministère des Affaires stratégiques ont déclaré à Haaretz que « le ministère coopère effectivement avec le Mossad ».

 

Les notes ont également montré qu’Erdan avait rencontré d’autres responsables de la sécurité de haut niveau l’année dernière, notamment le conseiller national pour la sécurité, Meir Ben-Shabbat, ainsi que des représentants d’organisations juives mondiales telles que le Comité juif américain, B’nai B’rith et le groupe Congrès juif américain .

Au programme figuraient également « de nombreuses réunions » liées à la création de « Concert », une société privée partiellement contrôlée par le gouvernement, conçue pour « faire secrètement avancer » des activités de sensibilisation massive dans le cadre de « la lutte contre la campagne de délégitimation » d’Israël.

La société a reçu un financement de 128 millions de shekels (36 millions de dollars) du gouvernement israélien, soit le même montant en contributions privées d’organisations pro-israéliennes et de donateurs individuels.

Cette annonce intervient à peine deux jours après la révélation selon laquelle le ministère des Affaires stratégiques d’Erdan avait forcé la fermeture de 30 comptes de collecte de fonds associés à BDS au cours des deux dernières années. Le ministère a annoncé qu’il avait forcé la fermeture de dix comptes de collecte de fonds basés aux États-Unis et de 20 autres en Europe, en ordonnant aux activistes pro-israéliens de signaler les comptes à leurs plateformes hôtes PayPal et DonorBox.

Parmi les organisations visées par les fermetures figurent le Comité national BDS – le bras du mouvement basé à Ramallah – ainsi que l’organisation de défense des droits de l’homme Al-Haq et l’organisation caritative britannique Interpal.

Le célèbre groupe de défense des droits, Shurat HaDin – qui mène régulièrement des combats devant les tribunaux pour le compte d’Israël – a été étroitement impliqué dans la campagne en faveur des bouclages. En décembre, le même groupe a déposé une plainte auprès de DonorBox pour demander la fermeture du compte de collecte de fonds de BDS, ce qui a incité le fondateur du mouvement, Omar Barghouti, à qualifier le groupe de « société répressive ayant des liens clairs avec le gouvernement israélien d’extrême droite » qui « s’engage dans une tactique McCarthyiste ».

Shurat HaDin est connu pour avoir des liens avec le Mossad. En 2017, Nitsana Darshan-Leitner, chef de Shurat HaDin, a publié un livre intitulé « Harpoon », du nom de code de l’unité de suivi des finances du Mossad avec lequel elle a travaillé. Darshan-Leitner a révélé comment, après que Shurat HaDin ait commencé à gagner du terrain en poursuivant des Palestiniens pour la deuxième Intifada, elle avait été invitée au siège de Mossad pour une consultation.

Après avoir expliqué le processus de Shurat HaDin, la réponse du Mossad, a déclaré Darshan-Leitner, était la suivante: « Que devons-nous faire pour intenter davantage de poursuites? De quoi avez-vous besoin? » Cela a ensuite « évolué en réunions d’information régulières, tenues dans des cafés calmes, où elle recevait des informations » pour l’aider dans son travail.

 

Source : Middle East Monitor – Traduction : Collectif Palestine Vaincra