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Depuis plus de 50 ans, Toulouse est jumelée avec Tel Aviv, la capitale de l’apartheid israélien. On nous présente ce partenariat économique comme un outil de « promotion de la paix et de l’amitié entre les peuples », mais qu’en est-il réellement ?

 

Un jumelage, c’est neutre ?

Un jumelage n’est jamais une opération altruiste sans enjeux politico-économiques, c’est même tout le contraire. C’est surtout l’occasion de développer des coopérations et des échanges commerciaux. Ainsi, l’entreprise Israël Aerospace Industries vend à Toulouse ses drones militaires testés en Cisjordanie et à Gaza dans le cadre du salon de l’aéronautique Aéromart.

 

Tel Aviv et Israël, c’est différent ?

Parmi les partisans du jumelage avec la capitale de l’apartheid israélien, certains prétendent qu’Israël et Tel Aviv sont deux entités différentes. Qu’il faut dissocier la politique du gouvernement israélien avec celle de Tel Aviv. Pourtant, rien de plus hypocrite et faux. Tel Aviv et son image « d’ouverture » font partie d’une stratégie politique globale afin de normaliser et promouvoir l’image d’Israël.

 

Le maire de Tel Aviv, une personnalité de gauche ?

On présente souvent le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, comme une personnalité progressiste. Pourtant, Ron Huldai est un criminel de guerre. Ancien pilote de chasse de l’armée israélienne pendant 26 ans, il a pris part aux frappes aériennes qui ont anéanti en six jours l’aviation des pays arabes voisins et faisant 20000 morts arabes en juin 1967. La victoire écrasante d’Israël dans cette guerre des Six Jours a ouvert la voie à 50 ans d’occupation de territoires palestiniens et syriens notamment Jérusalem-Est, le plateau du Golan et la Cisjordanie.

 

Tel Aviv, une ville progressiste ?

Tel Aviv est présentée comme étant une ville progressiste où il fait bon vivre. Pourtant loin des clichés de cartes postales c’est une ville où les inégalités sociales sont extrêmement fortes, où l’histoire palestinienne de la ville est effacée etc. Par ailleurs, Tel Aviv utilise une politique de pinkwashing* pour repeindre sa ville aux couleurs LGBTI+ afin de faire oublier les crimes israéliens.
* C’est le procédé utilisé par un État, organisation, parti politique ou entreprise dans le but de se donner une image progressiste et engagée pour les droits LGBTI+.

 

Mettre fin au jumelage, utopiste ?

Des grandes villes comme Amsterdam ou Lille ont mis fin ou suspendu des jumelages avec des villes israéliennes. Ces majorités municipales, socialistes et écologistes, ont choisi le camp de la solidarité face aux exactions menées contre le peuple palestinien plutôt que le silence complice ou la coopération honteuse.

 

Ils soutiennent la campagne #StopJumelageToulouseTelAviv

Des milliers de toulousains ont déjà signé la pétition pour mettre fin à ce partenariat de la honte. Des personnalités israéliennes et palestiniennes ont également apporté leur soutien à la campagne comme Eitan Bronstein Aparicio, militant anticolonialiste israélien, et Chérine, palestinienne originaire de Hébron/Al Khalil. On peut citer aussi Jean Stern, journaliste et auteur de « Mirage gay à Tel Aviv », le réalisateur Pierre Carles ou encore le chercheur en sciences sociales Mathieu Rigouste.