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Dans le magma de films et séries proposés en ces temps de confinement, nous avions, nous aussi, envie de vous soumettre quelques bobines cinématographiques pour occuper vos soirées. Alors chaque dimanche, jusqu’à la fin du confinement (et qui sait, après aussi), nous vous proposons un film palestinien ou lié à la Palestine et à son histoire.

Avec ce deuxième volet des Bobines palestiniennes, nous abordons la question de la prison, élément central dans la société palestinienne et ce à plusieurs titres. Tout d’abord par son omniprésence (rares sont les familles qui ne sont pas touchées par l’emprisonnement d’un·e proche) et les conséquences dévastatrices sur le peuple palestinien. Plus de 850000 Palestinien·ne·s ont été emprisonné·e·s depuis 1967.
Ensuite parce que la prison est un des piliers du système colonial qui agit comme arme de répression de toutes formes de résistance à l’occupation. Dans le même temps et paradoxalement, la prison est un lieu de résistance et de formation politique pour les Palestinien·ne·s. Nombreux sont les témoignages d’ancien·ne·s prisonnier·e·s relatant, au-delà des conditions de détentions effroyables, leur séjour en prison comme un espace d’émancipation intellectuelle et politique, renforçant dans le même temps leur engagement dans la résistance. Pour approfondir cette question, nous vous conseillons la lecture de « Des hommes entre les murs. Comment la prison façonne la vie des Palestiniens », d’Assia Zaino ou encore « La révolution captive » de Nahla Abdo.

Aujourd’hui, environ 5000 Palestinien·ne·s sont enfermé·e·s dans les prisons sionistes. Addameer, organisation palestinienne de soutien aux prisonnier·e·s, publie régulièrement les chiffres sur l’enferment. Voici ceux publiés à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec les prisonnier·e·s palestinien·ne·s, le 17 avril dernier.

Le cinéma palestinien s’est évidemment emparé de la réalité de l’enfermement. On peut citer à titre d’exemple et entre beaucoup d’autres, « La chasse aux fantômes » de Raed Andoni (2017) qui invite d’anciens prisonniers palestiniens à rejouer leur détention devant la caméra. Bande annonce :

« 3000 nuits » de Mai Masri (2017) qui nous raconte l’histoire de Layal, une jeune palestinienne qui se fait arrêter et incarcérer dans une prison hautement sécurisée de l’occupation israélienne et où elle donne naissance à un garçon. Bande annonce :

Pour cette Bobine palestinienne #2, nous vous proposons « Palestine : la case prison », un documentaire réalisé par Franck Salomé en 2014, qui revient sur la situation des prisonnier·e·s politiques palestinien·ne·s à travers des interviews d’ancien·ne·s détenu·e·s et de leurs familles, de juristes, d’anciens soldats, etc. Le film réaffirme le rôle essentiel que joue la prison dans le maintien de l’occupation et le contrôle de la population.