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Les chansons palestiniennes, en plus de participer à la lutte, constituent en elles-mêmes des actes de résistance, des « preuves de vie », des preuves de créativité d’une population qui ne se laisse pas détruire. Le Collectif Palestine Vaincra vous propose une série d’articles pour découvrir ou redécouvrir des musiques retraçant l’histoire de la Palestine. Nous la commençons par la période de la Nakba.

LA NAKBA

En 1947, les puissances occidentales, dont la France, négocient un plan de partage qui prévoit d’entériner la colonisation sioniste de la Palestine. L’État d’Israël est fondé le 14 mai 1948. Dès le lendemain, c’est « La Nakba », la grande catastrophe en arabe. On dénombre environ 750 000 Palestiniens chassés de leurs terres par les forces israéliennes. Actuellement nous enregistrons plus de 6 000 000 de réfugié·e·s palestinien·ne·s dans les pays voisins. Commémorer la Nakba, c’est exiger le droit au retour des réfugié·e·s et de leurs enfants sur leur terre, la Palestine. C’est soutenir le combat pour la libération de la Palestine, de la mer au Jourdain. Le sionisme colonise la terre palestinienne mais veut aussi détruire l’identité de tout un peuple. La résistance passe également dans le fait de faire vivre cette identité.

 

Filastin (Palestine), Mohammed Abdel Wahab, Égypte, 1949.

 

Rajioun (Nous reviendrons), Fairuz, Liban, 1957.

Nous retournerons un jour chez nous, ou un soir Et nous plongerons dans les douceurs de l’espoir” (traduit de l’arabe)

Ahtarifou al-Houzna (Est-ce que tu connais la tristesse), Fairuz, Liban, 1957.

L’exode des palestiniens, Taghriba, 1948 (chant traditionnel)

 

La mémoire de la Nakba est toujours vivante. Aujourd’hui, nombreux artistes et groupes de musique la font vivre. A titre d’exemple, le groupe de rap Katibe 5, du camp de réfugiés palestinien de Burj al-Barajné, à Beyrouth au Liban :

Ahlâ fîk bi-l-mukhayamât

« Choisis les gens qui suivent les slogans  En attendant le retour, tu n’as plus qu’à prier » (traduit de l’arabe)

 

Citons également le groupe 47 soul, formé par des palestiniens de 48, de Cisjordanie et par des réfugiés en Jordanie. Le nom du groupe « est une référence à la période d’avant la Nakba ».

A l’international, la Nakba a aussi inspiré de nombreux artistes, s’en référant pour commémorer le peuple palestinien et sa résistance. Quelques exemples, parmi tant d’autres :

Nakba 2019, Marcel Cartier, USA, 2019.

« C’était Nakba à l’époque, c’est encore aujourd’hui la catastrophe doit encore être abattue » (traduit de l’anglais)

 

Al Nakba, Hamza, Belgique, 2014.

« Des familles, des inconnus, devant moi défilent, se dirigeant vers je ne sais où, parait qu’on appelle ça exil »