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Aujourd’hui, la Histadrout est réputée être la principale centrale syndicale israélienne. Elle est côtoyée par la plupart des organisations syndicales de par le monde, notamment de France. Il s’agit pourtant d’une organisation intimement liée au mouvement sioniste historique et aujourd’hui à l’État d’Israël. En tant que telle, elle constitue l’un des piliers de la domination sioniste en Palestine, et en particulier des mécanismes d’exploitation renforcée imposés aux travailleurs palestiniens.

Voici comment Ilan Pappe, historien israélien, résume le rôle joué par la Histadrout1 :

« La Histadrout en tant que Fédération syndicale générale est un organisme qui ne se place pas aux côtés des travailleurs ou des syndicats, mais s’en tient à l’idéologie sioniste. Sans la Histadrout, il aurait été impossible de coloniser les Territoires occupés au niveau du marché du travail. Sans la Histadrout il aurait été impossible de former le marché du travail en Israël durant les années d’occupation de sorte que les Palestiniens devenaient réellement des esclaves, des travailleurs soumis à l’esclavage plutôt des travailleurs en position d’égalité. […] La Histadrout n’ose absolument pas prendre en quoi que ce soit position contre l’occupation, contre la politique du gouvernement. Elle adhère du bout des lèvres à l’idée d’égalité sociale, et tout ça. Mais elle ne fait rien en réalité. »

En effet, l’orientation de la Histadrout au plan politique est clairement basée sur le sionisme, qu’il s’agisse d’Israël en tant qu’Etat sioniste, ou de l’expansionnisme colonialiste qu’il met en œuvre dans la région de la Palestine historique.

A l’occasion du 1er Mai 2020, plusieurs syndicats palestiniens ont souligné que « la fédération des syndicats israéliens, Histadrout, reçoit des cotisations de ces travailleurs palestiniens, déduites directement des salaires — des cotisations estimées à 3 millions de shekels mensuellement ; ces déductions sont prévues pour les avantages sociaux et les protections syndicales. Techniquement, le Histadrut partage ces cotisations avec la Fédération générale palestinienne des syndicats (PGFTU) mais elles sont très souvent retenues. Malgré cette déduction de cotisations des salaires de travailleurs, à ce jour, la Histadrout n’a dit ni fait quoi que ce soit pour protéger leurs droits fondamentaux à des conditions de travail sûres et à des avantages médicaux.

Ils ont poursuivi en rappelant que « la situation actuelle souligne clairement, encore une fois, le statut de la Histadrout comme institution quasi-étatique, investie dans le maintien de la mainmise d’Israël sur le peuple palestinien. Il opère contre les droits des travailleurs palestiniens et jamais pour eux. »

Ces différents syndicats palestiniens ont conclu leur déclaration en appelant « les membres de tous les syndicats à renouveler leurs efforts pour boycotter la Histadrout et à faire pression sur elle pour mettre fin à son système de déduction des rémunérations sans obtention de droits, en violation des droits fondamentaux des travailleurs et des standards internationaux. »

 

Source : ISM-France & Agence Média Palestine

 

1 Ilan Pappe, Press Conference on the Israël-Palestine Conflict, 26 août 2006.