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Depuis la création de l’État sioniste en 1948, le Liban a été la cible de nombreuses attaques expansionnistes à sa frontière Sud.
Le 14 mars 1978, les forces israéliennes lancent une invasion terrestre et occupent une bande de territoire du Sud-Liban. L’État sioniste affirme qu’elle a lieu en représailles à une action armée du Fatah en Palestine occupée, mais l’objectif est bien plus radical.
Il s’agit d’éradiquer la présence de la résistance palestinienne au Liban. Depuis le Septembre Noir jordanien de 1971, l’Organisation de Libération de la Palestine s’y est installée pour développer sa lutte contre l’occupation israélienne.
Après plusieurs mois d’opération et un retrait partiel, Israël lance une nouvelle offensive en juin 1982 appelée « Paix en Galillée ». Elle va entraîner l’occupation du Sud-Liban pendant 20 ans.

Tout au long de l’occupation, l’armée israélienne et ses principaux collaborateurs libanais de l’Armée du Liban Sud (ALS) ont commis des crimes horribles contre le peuple libanais. Ils ont utilisé des méthodes de torture et d’exécutions contre des civils, en particulier dans la prison de Khiam, centre de détention géré par des collaborateurs libanais formés en Israël.

Pour y faire face, de nombreuses organisations libanaises et arabes vont mener une résistance armée héroïque durant plus de 20 ans avec un soutien populaire.
C’est le cas évidemment du Hezbollah mais aussi du Front de la résistance nationale libanaise (Jammoul). Fondé le 16 septembre 1982, il regroupe plusieurs organisations panarabes, socialistes et communistes. Il va mener de nombreuses opérations armées d’envergure et comptera dans ses rangs des dizaines de milliers de combattantes et combattants.

La résistance contre l’occupation du Sud-Liban comptera de nombreux martyrs et prisonnier·e·s.
Parmi ces prisonnier·e·s, Anwar Yassin et Soha Bechara, deux membres de Jammoul, seront détenu·e·s respectivement 17 ans et 10 ans pour des actions armées contre l’occupation israélienne et ses supplétifs.
Soha Bechara sera sévèrement torturée au Centre Khiam et libérée en 1998 alors qu’Anwar Yassin sera emprisonné dans les geôles israéliennes puis libéré suite à un échange de prisonniers en 2005.

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Le 25 mai 2000, l’armée israélienne est chassée des terres libanaises par la Résistance après 22 ans d’occupation. Chaque année, cette date est célébrée dans tout le pays comme « la Journée de la Résistance et de la Libération ».
Mais pour le peuple libanais c’est une libération incomplète. Il continue toujours de se battre pour la libération des fermes de Cheeba, territoire libanais sous occupation israélienne.
Par ailleurs, les familles de martyrs de la résistance exigent le retour des corps des combattants détenus par Israël. Il y a eu plusieurs échanges de prisonniers entre la Résistance libanaise et l’État sioniste, y compris des corps de martyrs. Mais l’occupation israélienne en détient toujours de nombreux parmi lesquels 9 corps de combattants de Jammoul : Elie Harb, Michel Saliba, Hussam Hijazi, Jamal Sati, Farjalla Fouani, Iyad Kser, Hassan Daher, Hasan Moussa et Yehya Khaled.

Les 9 combattants martyrs de Jammoul. Il est écrit en arabe « Nous voudrions les faire revenir pour que la terre du pays les enlace tendrement ».

 

Sans compter que depuis des décennies sa famille n’a aucune nouvelle de Yahya Skaf, militant libanais du Fatah arrêté en 1978 suite à une action armée en Palestine occupée. Israël affirme qu’il est mort alors que d’anciens prisonniers témoignent du contraire.

La martyre palestinienne Dalal Mughrabi aux cotés de Yahya Skaf (à droite).

 

Et 20 ans après la fin de cette occupation, Georges Abdallah demeure l’un des derniers prisonniers de cette guerre. Emprisonné en France depuis 1984, il avait rejoint très tôt la Résistance palestinienne et libanaise. Il a notamment été blessé au combat durant l’offensive israélienne de 1978. Arrêté en France et accusé de complicité d’assassinats d’un membre du Mossad et de la CIA, il est condamné en 1987 à la perpétuité. Libérable depuis 1999, il est devenu un symbole de la résistance à l’occupation de son pays.

Georges Abdallah lors de son procès en 1987.

Célébrer aujourd’hui la « Journée de la Résistance et de la Libération » c’est pour des milliers de libanais·es, palestinien·ne·s et arabes continuer la résistance face à l’État sioniste et à l’impérialisme. Et c’est évidemment exiger la libération de Georges Abdallah et son retour dans son pays, le Liban.