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L’ancien gréviste de la faim de longue durée et détenu palestinien Huzaifa Halabiya Bader a de nouveau été condamné à six mois de détention administrative, emprisonnement sans inculpation ni jugement, par le tribunal militaire israélien d’Ofer le 25 mai 2020. Le nouvel ordre de détention administrative n’est que cinq mois et demi après avoir été libéré en décembre 2019 d’une précédente période d’emprisonnement sans inculpation ni jugement, au cours de laquelle il a mené une grève de la faim de 67 jours pour gagner sa liberté.

Le 17 mai, les forces d’occupation israéliennes ont fait une descente dans sa ville natale d’Abu Dis près de Jérusalem occupée, saisissant Bader à son domicile. Il a de nouveau été enlevé à sa jeune fille Majdal, née lors de sa précédente incarcération. Bader, 29 ans, souffre d’un certain nombre de problèmes de santé, et son emprisonnement au milieu de la pandémie de COVID-19 déclenche des inquiétudes encore plus fortes. Il a survécu à un incendie grave dans un accident alors qu’il était un jeune garçon, le laissant avec des brûlures sur la grande majorité de son corps, et a ensuite survécu à la leucémie. En conséquence, il a toujours eu besoin de soins médicaux spécialisés, tandis que les prisonniers palestiniens sont systématiquement victimes de négligence médicale et de mauvais traitements dans les prisons israéliennes.

Le 17 mai, les forces d’occupation israéliennes envahissent Abu Dis pour enlever Huzaifa Halabiya Bader.

Au cours de son précédent mandat de détention administrative, des dizaines de prisonniers palestiniens ont rejoint des grèves de solidarité et refusé de prendre des repas pour participer à la campagne pour sa libération alors qu’il menait une grève de la faim de 67 jours pour la liberté. Sa communauté à Abu Dis a maintenu des tentes de solidarité et des rassemblements pour réclamer sa liberté, tandis que des manifestants ailleurs en Palestine et dans le monde ont fait écho aux appels à sa libération immédiate.

Il fait maintenant partie des quelque 500 Palestiniens emprisonnés sans inculpation ni jugement, sur près de 5 000 prisonniers politiques palestiniens au total. La détention administrative a été initialement introduite en Palestine par le mandat colonial britannique et a été adoptée par le régime sioniste pour détenir arbitrairement des Palestiniens, en particulier des militants communautaires, des organisateurs étudiants et d’autres dirigeants influents de leur communauté. Les ordonnances de détention administrative peuvent être délivrées pour une période maximale de six mois à la fois et sont indéfiniment renouvelables. Des Palestiniens ont ainsi passé des années en prison sans inculpation ni jugement.

Il est à noter que la nouvelle arrestation et l’emprisonnement arbitraire de Huzaifa Halabiya Bader interviennent alors que le régime israélien – avec ses partenaires impérialistes américains – planifie et promeut l’annexion officielle d’encore plus de Palestine occupée, en particulier de la fertile vallée du Jourdain.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun exige la libération immédiate de Huzaifa Halabiya Bader et de tous les prisonniers palestiniens, en particulier ceux emprisonnés sans inculpation ni jugement en détention administrative. La détention administrative est un mécanisme colonial visant à prévenir, perturber et cibler la résistance et l’organisation palestiniennes sous quelque forme que ce soit, éloignant les dirigeants de leurs communautés alors qu’ils affrontent la violence quotidienne du colonialisme sioniste, de l’apartheid et de l’occupation. Nous appelons à la plus large solidarité internationale pour exiger la libération de Huzaifa Halabiya Bader et celle de tous les détenus palestiniens, y compris en construisant le mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions et l’isolement d’Israël.

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra