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Un enfant palestinien emprisonné par Israël a été testé positif au virus qui cause le COVID-19, au milieu d’une épidémie dans les centres de détention israéliens.
Le 23 juillet, Israël a arrêté le jeune homme de 15 ans à son domicile dans le camp de réfugiés de Jalazone, près de la ville occupée de Ramallah, en Cisjordanie.
C’est le premier cas connu d’enfant détenu palestinien ayant contracté le virus.
Son identité est protégée par le groupe de défense des droits de l’homme Defense for Children International Palestine pour des raisons de confidentialité.
Les forces israéliennes ont transféré l’enfant au centre d’interrogatoire Shikma à Ashkelon, dans le sud d’Israël. Elles ont reporté son interrogatoire après qu’il ait été testé positif au virus.
Mais en dépit de son infection, les autorités israéliennes ont prolongé la détention du garçon de huit jours supplémentaires « puisqu’il n’a pas encore été interrogé », selon le groupe de défense des droits de l’homme.
Israël retient actuellement l’enfant dans un poste de police à Acre, dans le nord d’Israël.
« Il n’y a aucun moyen pour les forces israéliennes de justifier la détention d’un enfant actuellement infecté par COVID-19 », a déclaré Ayed Abu Eqtaish, directeur de programme du groupe de défense des droits de l’homme.
« Les autorités israéliennes mettent en danger sa santé et son bien-être, ainsi que ceux des autres détenus, de manière irresponsable ».
Israël est le seul pays au monde qui soumet systématiquement les enfants – et seulement les enfants palestiniens – aux tribunaux militaires.
Abu Eqtaish a réitéré les appels de DCI Palestine à libérer immédiatement tous les enfants palestiniens des prisons israéliennes.
Un autre prisonnier a été testé positif au coronavirus à la prison militaire d’Ofer près de Ramallah, où les forces d’occupation israéliennes détiennent également des enfants palestiniens.
Naim Abu Turki, 38 ans, a été mis en quarantaine avec cinq autres personnes qui sont entrées en contact avec lui.
Abu Turki était détenu dans la section 14 de la prison militaire d’Ofer.
Les forces d’occupation israéliennes emprisonnent des enfants palestiniens dans la section 13 voisine. En juin, Israël détenait 160 enfants palestiniens dans ses prisons.
La pandémie n’a pas fait dérailler l’arrestation par Israël de Palestiniens, y compris de personnalités de la société civile et de la culture.

Attaques contre les institutions culturelles

Le mois dernier, Israël a fait une descente dans des centres culturels de Jérusalem-Est occupée et a arrêté leurs directeurs.
Les forces israéliennes ont interrogé et détenu pendant 12 heures Rania Elias, directrice du Centre culturel Yabous, et Suhail Khoury, directeur du Conservatoire national de musique Edward Said.
Pendant la détention du couple, les forces d’occupation israéliennes ont fait un raid contre le Centre culturel Yabous et le conservatoire de musique.
Pendant des années, Israël a mené une campagne violente contre les institutions culturelles et civiques et les individus à Jérusalem-Est occupée, fermant de nombreuses organisations dans le cadre de son effort pour effacer le caractère palestinien de la ville.

Prisonniers de conscience

Un tribunal militaire israélien a également condamné un éducateur palestinien pour avoir donné une conférence à l’université de Birzeit.
Ahmad Qatamesh a été condamné à « une peine de quatre mois de prison avec sursis dans les trois prochaines années s’il donne à nouveau une conférence dans la période mentionnée », selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer.
Qatamesh a été arrêté et inculpé en décembre. Un tribunal militaire israélien lui a accordé une libération conditionnelle sous caution.
Au lieu de le libérer en janvier, il a été placé en détention administrative pendant quatre mois, sans inculpation ni jugement, et cette période a été prolongée de quatre mois.
« Qatamesh est inculpé et jugé et fait en même temps face à la détention administrative », a déclaré Addameer.
Entre 1992 et 1998, Qatamesh a passé six ans en détention administrative israélienne, la plus longue période pendant laquelle un Palestinien a été emprisonné par les forces d’occupation israéliennes sans inculpation ni procès.
Il a été de nouveau détenu en 2011 et a été maintenu en détention pendant deux ans et demi sans accusation ni procès.
En 2013, Amnesty International a déterminé que Qatamesh était un « prisonnier de conscience qui est détenu uniquement pour avoir exprimé des convictions politiques non violentes ».
Entre-temps, le 2 août, un tribunal militaire israélien a prolongé de 15 jours la détention de Mahmoud Nawajaa – coordinateur général du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).
Nawajaa a été saisi de sa maison près de Ramallah en Cisjordanie occupée lors d’un raid nocturne des soldats israéliens le 30 juillet.
Amnesty International a également nommé Nawajaa prisonnier de conscience.

Article de Tamara Nassar, publié le 7 août 2020

Source : The Electronic Intifada – Traduction : Collectif Palestine Vaincra