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Le 1er octobre dernier, le président du parlement libanais et membre du parti Amal Nabih Berry a annoncé l’ouverture de discussions indirectes avec Israël à propos  de la délimitation des frontières maritimes et terrestres. Cela concerne une zone de 850km² de terres libanaises toujours revendiquée par l’occupation israélienne et une zone maritime où sont présentes des ressources d’hydrocarbures. Cette annonce intervient alors que le Liban et l’État sioniste sont toujours officiellement en guerre et que les précédentes négociations avaient été interrompues en 2013.

Cet « accord-cadre » va se dérouler sous l’égide de l’ONU et la médiation des États-Unis. L’administration américaine a affirmé que celui-ci était « historique » profitant de l’effondrement économique libanais pour opérer une pression vers une normalisation des relations avec l’occupation israélienne. Cette entente « est le résultat de près de trois ans d’efforts diplomatiques intenses » de la part de Washington, a déclaré le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Dans un communiqué, la Campagne de boycott des supporters d’Israël au Liban réaffirme « son refus de reconnaître toutes les frontières de l’entité sioniste […] Cette entité doit disparaître dans son ensemble, avec la résistance armée, le boycott populaire et toutes les formes de lutte nationale, régionale et internationale afin que la Palestine et l’ensemble des territoires arabes occupés reviennent à son peuple. »  Elle poursuit en soulignant que « cette négociation se déroulera pour soutenir la marche actuelle de la normalisation arabe, qui se déroule essentiellement pour satisfaire le président Trump à la veille des élections américaines. » 

Par ailleurs, la Campagne de boycott souligne que « le gouvernement libanais doit assurer au peuple libanais que toute mesure qu’il fera pour préserver ses droits sur son pétrole et son gaz ne comportera pas la moindre renonciation nationale. […] Ni normalisation ni paix avec l’ennemi israélien, ni reconnaissance de sa ‘légitimité’ peu importe le temps. » Elle a instamment demandé aux autorités libanaises « de déclarer sa foi en la cause de la libération de toute la Palestine, et non pas seulement sur seulement 22 % du territoire historique ».

Enfin, la Campagne de boycott rappelle « la détérioration de la situation de notre peuple [arabe] en Égypte et en Jordanie après la signature d’accords de honte à Camp David, Valley et Oslo, en faveur d’une petite classe de bénéficiaires, opportunistes […] C ‘ est ce qui pousse la campagne de boycott à insister une fois de plus sur l’interdépendance du processus de libération nationale et du processus de changement national démocratique interne. »