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Le 9 novembre 2020,  la féministe et dirigeante palestinienne emprisonnée Khitam Saafin a été condamnée par une cour militaire israélienne à six mois en détention administrative, sans inculpation ni procès. Présidente de l’Union des comités de femmes palestiniennes, elle a été arrêtée avec six autres militants et défenseurs des droits de l’homme palestiniens le 2 novembre 2020. Elle a déjà été arrêtée par les forces d’occupation israéliennes en 2017 et condamnée à trois mois de détention administrative – ce qui avait provoqué un tollé mondial. Nous demandons instamment à tous les partisans de la justice en Palestine et aux organisations de femmes de s’exprimer et de protester pour exiger la libération de Khitam Saafin et de ses camarades palestiniennes détenues.

Khitam Saafin est une défenseure internationale bien connu des femmes palestiniennes et de la liberté et de la justice pour le peuple palestinien. Elle s’est exprimée dans le monde entier sur la lutte des femmes palestiniennes, notamment au Forum social mondial, et a présidé la Marche mondiale des femmes en Palestine.

La détention administrative, une pratique introduite pour la première fois en Palestine par le mandat colonial britannique, emprisonne les Palestiniens sans accusation ni procès sur la base d’un « dossier secret ». Même l’avocat du détenu n’a pas accès au contenu de ce dossier ; au lieu de cela, il est simplement affirmé par le commandant militaire de l’occupation israélienne. Ces ordres de détention sont émis pour une durée maximale de six mois consécutifs et sont indéfiniment renouvelables. Les Palestiniens passent régulièrement des années en détention administrative. Il y a actuellement environ 370 prisonniers palestiniens détenus en vertu d’ordres de détention administrative, parmi les quelque 4500 prisonniers politiques palestiniens au total. […]

Les détenus administratifs se voient également refuser la possibilité de savoir quand leur peine prendra fin, car leurs ordres de détention sont soumis à un renouvellement indéfini. Cette incapacité à planifier l’avenir est en soi une forme de traitement cruel, inhumain et dégradant assimilable à de la torture psychologique, ainsi qu’une méthode de punition collective contre les familles des Palestiniens détenus par Israël.

Alkarama – Mobilisation des femmes palestiniennes a appelé à la libération de Saafin, soulignant que « l’arrestation de Saafin intervient dans le contexte de l’emprisonnement en cours des militants palestiniens par les autorités d’occupation israéliennes. On peut le constater par le nombre croissant de membres du Conseil législatif palestinien, de militants des droits de l’homme et de dirigeants de la société civile arrêtés par les forces d’occupation israéliennes ces dernières années ».

Un groupe d’organisations de femmes de gauche et progressistes dans la région arabe, dont le Secteur des femmes de la Voie démocratique au Maroc, l’Union des comités de femmes travailleuses palestiniennes, l’Association des femmes Jin du Liban, l’Union des comités de femmes palestiniennes et la Marche mondiale des femmes – région MOAN, a également exigé sa libération immédiate dans une déclaration « demandant aux organisations de défense des droits de l’homme et des femmes de la région de cristalliser une campagne régionale et internationale de solidarité pour exiger la libération de la camarade Khitam et du reste des prisonniers palestiniens et appelle à un soutien sérieux et réel au mouvement des prisonniers palestiniens. » […]

Mme Saafin fait partie de la quarantaine de femmes palestiniennes emprisonnées, dont plusieurs détenues administrativement, des militantes étudiantes et des leaders politiques emprisonnées, notamment la parlementaire de gauche et féministe Khalida Jarrar. Le 9 novembre, la journaliste palestinienne et avocate des prisonniers politiques Bushra al-Tawil a également été arrêtée par les forces d’occupation israéliennes à un point de contrôle au sud de Naplouse, trois mois seulement après sa dernière libération de détention administrative sans charge ni procès.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre le Collectif Palestine Vaincra, dénonce cette dernière attaque contre le mouvement des femmes palestiniennes. Nous appelons les organisations de femmes, les organisations d’étudiants et les personnes de conscience du monde entier à élever leur voix et à agir en solidarité avec Khitam Saafin et ses camarades prisonniers palestiniens visés par l’occupation israélienne – notamment en construisant le mouvement pour le boycott d’Israël, de ses institutions et des entreprises complices comme HP, Puma, Teva Pharmaceuticals et G4S. L’occupation israélienne veut poursuivre sa colonisation de la Palestine sans contrôle en isolant et en détenant les dirigeants du mouvement du peuple palestinien. Joignez-vous à nous pour agir et demandez leur libération immédiate ainsi que celle de tous les prisonniers palestiniens, et de la Palestine de la mer au Jourdain !

AGISSONS :

  1. Postez des photos et des visuels sur vos comptes de médias sociaux pour demander la libération de Khitam Saafin et de tous les prisonniers palestiniens. Envoyez-nous vos photos sur Facebook, @SamidounPP sur Twitter, et à samidoun@samidoun.net.
  2. Faites une déclaration de votre groupe, association, organisation de femmes ou syndicat pour réclamer la libération de Khitam Saafin. En 2017, des dizaines d’organisations du monde entier se sont jointes à l’appel à sa libération, faisant de sa détention – et de celle de Khalida Jarrar – un enjeu international. Envoyez-nous vos déclarations à l’adresse suivante : samidoun@samidoun.net 
  3. Organiser des manifestations, des actions créatives. Le piratage publicitaire, l’affichage et d’autres actions en plein air – en particulier près d’une ambassade ou d’un consulat israélien – peuvent attirer une grande partie de l’attention sur Khitam Saafin et la cause palestinienne en ce moment critique.
  4. Construisez le boycott d’Israël ! Rejoignez le mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël. Soulignez la complicité de sociétés comme Hewlett-Packard et l’implication continue de G4S dans la police et les prisons israéliennes. Construisez une campagne pour boycotter les produits israéliens, imposer un embargo militaire sur Israël, ou organisez-vous autour du boycott universitaire et culturel d’Israël.

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra