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Au lendemain de la Naksa – la défaite arabe de juin 1967, le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) est fondé par différentes organisations palestiniennes et par des personnalités issues du Mouvement Nationaliste Arabe en particulier Georges Habache, Wadie Haddad et Abu Ali Mustapha. Dès sa création, le FPLP analyse que le peuple palestinien a trois ennemis : l’impérialisme, le sionisme et les régimes réactionnaires arabes. Ainsi, il considère que la révolution palestinienne est partie intégrante de la révolution arabe et mondiale.

Dans les années 1960 et 1970, il fut mondialement connu grâce aux opérations extérieures du FPLP dirigées par Wadie Haddad selon le slogan « Derrière l’ennemi, partout ».  La gauche révolutionnaire palestinienne a porté la résistance y compris dans les pays impérialistes considérant qu’ils étaient les commanditaires des massacres du peuple palestinien. Une de ses plus célèbres opérations est celle nommée « Aéroport de la révolution » menée du 6 au 9 septembre 1970. Des milliers de combattants arabes et des centaines de combattants internationalistes le rejoignent, originaires d’Allemagne, du Japon ou encore du Nicaragua. Au cœur de cet héritage se trouve l’engagement des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises et de Georges Abdallah qui ont mené la lutte anti-impérialiste en Europe. Arrêté en 1984 à Lyon, Georges Abdallah est aujourd’hui une figure de la résistance palestinienne et il est considéré comme étant le « général des prisonniers du FPLP ».

Une des icônes mondialement connue du FPLP est Leila Khaled qui est la première femme à avoir détournée un avion. Aujourd’hui, elle est membre du bureau politique du FPLP et elle reste une militante dévouée à la cause de son peuple. Par ailleurs, elle nous a fait l’immense plaisir d’être membre d’honneur du Collectif Palestine Vaincra. Ghassan Kanafani est aussi une personnalité incontournable du FPLP qui a été assassinée par le Mossad en 1972 à Beyrouth. Il a été porte-parole de l’organisation et a coordonné la rédaction du programme politique du FPLP en 1969. Mais la figure la plus importante de cette organisation est sans conteste le charismatique secrétaire général Georges Habache qui a incarné pendant des décennies une alternative révolutionnaire à la voie capitularde empruntée par la direction de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et Yasser Arafat.

Dès 1974, le FPLP s’est opposé au « processus de paix » et à la prétendue « solution à deux États » qui se sont soldés par la trahison d’Oslo en 1993. Il a toujours défendu la perspective d’une Palestine libre et démocratique pour toutes et tous à égalité des droits et le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens. Après Oslo, le FPLP refuse de rendre les armes et son secrétaire général Abu Ali Mustapha est assassiné en 2001 à Ramallah par Israël. Le FPLP riposte en exécutant un ministre israélien d’extrême droite, Rehavam Zeevi.

Pour lui succéder, Ahmad Sa’adat est élu secrétaire général du FPLP en 2001. Il est arrêté et emprisonné en 2002 par l’Autorité Palestinienne qui collabore avec l’occupation israélienne. Il sera finalement enlevé par Israël en 2006 et condamné à 30 ans de prison en 2008. Depuis sa prison, Ahmad Sa’adat continue de résister et d’incarner une alternative politique face à l’Autorité Palestinienne et aux trahisons de la direction de l’OLP. Khaled Barakat, coordinateur de la campagne Free Ahmad Sa’adat, souligne « qu’Ahmad Sa’adat nous montre l’expérience de vrais leaders, l’existence d’une direction palestinienne révolutionnaire et alternative d’un type différent dans les prisons sionistes. Une direction nationale née du ventre du peuple, née de la révolution, de l’Intifada et des expériences de lutte, une direction qui ressemble au peuple palestinien – et non au « brigadier général », « colonel », « président », « ministre”ou “l’ambassadeur”.

Aujourd’hui considéré comme « terroriste » par les États-Unis, l’Union Européenne et Israël, le FPLP fait face à d’immenses défis. Parmi les 4500 prisonniers palestiniens dans les geôles sionistes, des centaines de résistants du FPLP continuent leur combat et incarnent la voie de la résistance à l’image d’Ahmad Sa’adat, Khalida Jarrar ou encore Walid Daqqa. En Cisjordanie occupée, les partisans du Front font face à une énorme répression avec la complicité criminelle de l’Autorité Palestinienne. Par exemple, les étudiants et étudiantes de gauche de l’Université de Birzeit sont massivement arrêtés et leur organisation interdite car ils incarnent cette nouvelle génération qui se bat pour le retour et la libération. A Gaza, le FPLP et les Brigades Abu Ali Mustapha se tiennent aux côtés de leur peuple qui subit un blocus inhumain et fait face avec courage aux multiples offensives militaires de l’occupation sioniste. Dans les camps de réfugiés et dans la diaspora, des milliers de supporters organisent et développent des activités qui convergent vers l’objectif du retour en Palestine.

53 ans après sa fondation, le FPLP continue de résister jusqu’au retour et la libération de la Palestine de la mer au Jourdain rassemblant encore aujourd’hui des dizaines de milliers de partisans en Palestine occupée, dans les camps de réfugiés et dans la diaspora. 53 ans après, ils et elles continuent de tenir la promesse faite par le peuple palestinien au monde : Palestine vaincra !