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Dimanche 8 août, un tribunal saoudien a reconnu coupable et condamné des dizaines de détenus palestiniens et jordaniens accusés de soutenir la résistance palestinienne, soulignant une fois de plus la complicité de l’Arabie saoudite dans la promotion de l’impérialisme américain dans la région et la protection des intérêts de l’occupation israélienne. Les peines, qui peuvent faire l’objet d’un appel après 40 jours, vont de 3 à 22 ans dans les prisons saoudiennes.

Lors de l’audience, seule une personne de la famille de chaque détenu a été autorisée à assister au procès. Mohammed al Khoudari, qui avait été le représentant officiel du mouvement Hamas en Arabie saoudite, a été condamné à 15 ans de prison, la moitié de la peine étant suspendue pour un total de 7,5 ans.

Mohammed al-Abed a été condamné à 22 ans de prison, Mohammed al-Banna à 20 ans, Ayman Salah à 19 ans, Abdel Rahman Farhan à 19 ans, Ayman al-Arian à 19 ans, Mohammed Abu al-Rub à 18 ans, Sherif Nasrallah à 16 ans, Jamal Dahoudi à 15 ans, Omar Aref al-Haj à 12 ans, Basel al-Kurdi à 7 ans, Saleh Qafa à 5 ans, Hani al-Khoudari à 3 ans, et Musa Abu Hussein et Ayman al-Akkad à 4 ans de prison.

Certains des Palestiniens et Jordaniens condamnés dans ces affaires vivaient en Arabie saoudite depuis 50 ans ; ils ont été arrêtés il y a deux ans et demi dans ce qui a été largement perçu non seulement comme une attaque contre la résistance palestinienne et les droits des Palestiniens, mais aussi comme une étape vers la normalisation officielle de l’Arabie saoudite avec le régime israélien. Leur travail de soutien à la Palestine avait été officiellement autorisé par la monarchie saoudienne dans le passé, avant leur arrestation et leur détention soudaines. De nombreuses familles des détenus ont également été expulsées d’Arabie saoudite et leurs droits de résidence ont été annulés.

Ces affaires reflètent une politique visant à cibler ouvertement la résistance palestinienne et à adopter la fausse désignation de « terroriste » à l’encontre des organisations de résistance palestiniennes. Au lieu d’être arrêtés, inculpés ou expulsés sur la base de vagues allégations ou d’accusations criminelles traditionnelles, ils ont été spécifiquement accusés de soutenir le peuple palestinien et sa résistance à l’occupation, à l’apartheid et au colonialisme israéliens.

Ces peines injustes ont été prononcées à l’encontre de Palestiniens vivant et travaillant en Arabie saoudite et soutenant la résistance du peuple palestinien. Ces condamnations constituent un mécanisme visant à terroriser les Palestiniens en Arabie saoudite et reflètent l’alliance totale de la monarchie saoudienne avec les puissances impérialistes qui qualifient la résistance palestinienne de « terroriste ». Bien entendu, elles vont de pair avec l’emprisonnement, la torture et l’exécution de détenus politiques saoudiens qui cherchent à obtenir justice dans leur pays, ainsi qu’avec la guerre de famine et de brutalité menée contre le peuple du Yémen par la monarchie saoudienne, qui travaille main dans la main avec les États-Unis et d’autres puissances impérialistes.

Le rôle de l’Arabie saoudite dans la région a également consisté à soutenir activement et militairement les campagnes de déstabilisation menées par les États-Unis contre les pays arabes, ainsi qu’à supprimer artificiellement les prix du pétrole dans le cadre de la guerre économique menée par les États-Unis contre l’Iran, le Venezuela et d’autres nations qui poursuivent leur développement souverain en défiant l’impérialisme.

Les membres des familles des détenus et les forces politiques palestiniennes se sont dits choqués par la longueur des peines, notant que diverses négociations avaient eu lieu et qu’ils s’attendaient à ce que les dossiers soient clos et les affaires terminées, en particulier après l’assaut israélien sur Gaza en mai 2021 et la défense réussie de la terre et du peuple par la résistance palestinienne. Le jugement a été soudainement déplacé d’octobre à août, ce qui a fait croire à de nombreuses familles qu’une solution diplomatique avait été trouvée pour libérer leurs proches.

Des institutions de défense des droits de l’homme telles que Skyline International ont noté que ces personnes ont été arrêtées et interrogées sans avocat, qu’elles ont été privées de visites juridiques et d’une défense appropriée, qu’elles ont été soumises à la torture et à des traitements cruels, inhumains et dégradants, et que de nombreux détenus n’ont pas reçu de soins de santé appropriés, notant qu’un grand nombre d’entre eux étaient des hommes âgés.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre le Collectif Palestine Vaincra, condamne l’emprisonnement de ces détenus palestiniens et jordaniens par la monarchie saoudienne, et demande instamment leur libération immédiate ainsi que celle de tous les prisonniers politiques saoudiens dans les prisons saoudiennes. Cette criminalisation de la résistance palestinienne et même du travail caritatif, suivant les traces des sponsors impérialistes qui arment et soutiennent la monarchie saoudienne, n’est pas seulement un crime contre ces 69 détenus et leurs familles mais contre le peuple palestinien dans son ensemble. Elle reflète une tentative de terroriser et de réprimer les Palestiniens vivant en Arabie saoudite, où de nombreux Palestiniens se sont rendus pendant des années pour travailler et faire vivre leur famille.

Bien sûr, ces condamnations ne sont pas surprenantes et reflètent entièrement le rôle joué par l’Arabie saoudite dans la région, y compris sa guerre contre le Yémen et ses efforts pour détourner la boussole du peuple arabe de la libération palestinienne, et son alliance à long terme avec l’impérialisme ainsi que sa normalisation secrète avec le sionisme et le régime israélien.

Liberté pour tous les prisonniers politiques palestiniens et arabes dans les prisons des régimes réactionnaires arabes, de l’impérialisme et du sionisme !

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra