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L’écrivain palestinien Khaled Barakat, membre du comité préparatoire de la « Conférence sur la voie alternative palestinienne », affirme que le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas ne respecte pas les déclarations et les positions des factions palestiniennes, n’adhère pas aux accords nationaux et poursuivra ses rencontres avec les dirigeants sionistes parce qu’il est satisfait de son rôle de hiérarchique subalterne de l’administration civile, qui est dirigée par le pauvre Conseil d’autonomie de Ramallah.

Dans une interview accordée à Al-Massar, l’écrivain palestinien a estimé que « la crise interne palestinienne réside toujours dans la tyrannie de l’Autorité palestinienne, d’une part, et dans l’absence de volonté politique de la part des principales factions du mouvement de résistance, d’autre part. Plus précisément, en l’absence d’une alternative nationale révolutionnaire et démocratique ». Khaled a noté que les dirigeants des différentes forces (à l’exception du Mouvement du Jihad islamique) ne sont pas disposés à renoncer à leurs illusions – et peut-être à leurs privilèges – ou à rompre leur relation avec les institutions de l’autorité.

Les factions continuent de tourner en rond sans sortir du cadre dit de « réconciliation » qui, sous l’intelligence égyptienne, qatarie, jordanienne et autres, a fait que la cause palestinienne (qui était une question centrale pour les Arabes) s’est déformée en une question de sécurité. Cette tendance s’est surtout accentuée après la Conférence de Madrid de 1991 et l’Accord d’Oslo de 1993.

Barakat a ajouté : « Le courageux soulèvement populaire palestinien a été clairement avorté et assiégé par l’ennemi sioniste et l’establishment sécuritaire de l’Autorité palestinienne. Aujourd’hui, la direction politique du Hamas tente de faire cavalier seul et de rechercher à tout prix une légitimité arabe officielle jusqu’à ce qu’elle soit acceptée par le système international. Cela arrive à un moment où le ménage palestinien et l’établissement d’un front national uni devraient être la priorité numéro un. Cette réalité exacerbe l’état de fragmentation et de désintégration de l’échiquier politique palestinien, en plus de le rendre fragile et vulnérable aux interférences extérieures. »

Barakat a ajouté : « Le peuple palestinien, par sa conscience nationale et son sens profond de l’histoire, réalise la nature de l’imbroglio vécu par le mouvement national palestinien. Le dilemme n’est plus de diagnostiquer la crise et de connaître ses dimensions et ses parties, mais plutôt de savoir comment y faire face et la surmonter. À cela s’ajoute la nécessité de passer à une nouvelle étape de la lutte, une tâche qui n’est pas séparée de la restauration du projet de libération et de retour, et qui exige de vaincre la classe politique issue d’Oslo, et non de s’adapter à ses conditions ».

Barakat a appelé l’avant-garde du peuple palestinien partout dans le monde, les dirigeants de la résistance armée et les cadres des forces palestiniennes à faire pression sur leur direction pour initier la mise en place d’un front national uni afin de faire face aux politiques sionistes et américaines, de faire face aux projets de liquidation et de normalisation et de restaurer le rôle politique central du mouvement des prisonniers dans les prisons ennemies. Il est important d’isoler l’Autorité palestinienne, populairement et politiquement, jusqu’à ce qu’elle soit renversée, tout en soulignant l’importance de rétablir l’unité du peuple, de la terre et de la cause. Tout cela en travaillant à la construction d’une stratégie politique et d’une lutte unifiée.

Il s’agit d’une tâche nationale inéluctable et d’une responsabilité individuelle et collective.

 

Source : Masar Badil – Traduction : Collectif Palestine Vaincra