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Malgré la détérioration de leur état de santé, six prisonniers palestiniens poursuivent leur grève de la faim pour exiger leur libération. Tous les six sont emprisonnés sans inculpation ni procès dans le cadre du mécanisme israélien de « détention administrative », et leur état de santé s’aggrave, d’autant plus que Kayed Fasfous n’a pas mangé depuis 73 jours. Ses codétenus grévistes de la faim mènent des grèves de longue durée : Miqbel Qawasmeh, étudiant emprisonné, en grève depuis 66 jours ; Alaa al-Araj depuis 48 jours ; Hisham Abu Hawash depuis 40 jours ; Raik Bisharat depuis 35 jours ; et Shadi Abu Aker depuis 32 jours.

Au même moment, Amin Shweiki, âgé de 61 ans, a refusé de prendre ses injections d’insuline, exigeant d’être libéré de sa détention administrative. Comme le rapporte Al Jazeera, « Amin, diplômé britannique en génie civil, est l’un des 520 prisonniers palestiniens placés en détention administrative, une politique qui permet à la police et à l’armée israéliennes d’emprisonner indéfiniment des Palestiniens, sur la base d' »informations secrètes », sans leur présenter d’accusations formelles ni leur permettre de passer en jugement. Des lois qui trouvent leur origine dans l’occupation britannique de la Palestine. »

Shweiki, père de sept enfants et propriétaire d’un magasin de verre dans la vieille ville de Jérusalem, est emprisonné sans inculpation ni procès depuis le 17 mai. Un jour avant la date prévue de sa libération, un tribunal militaire a prolongé sa détention de quatre mois supplémentaires, ce qui l’a incité à lancer sa grève médicale. Les ordres de détention administrative sont indéfiniment renouvelables et des Palestiniens ont passé des années en prison sans inculpation ni procès en vertu de ces ordres.

Shweiki, ainsi que quatre autres détenus administratifs, a juré de boycotter les tribunaux militaires d’occupation israéliens. Ahmed Abu Sundus, Yousef Qazzaz, Yaser Badrasawy et Ayed Dudin ont tous fait le serment de ne pas recevoir de soins médicaux et de ne pas se présenter devant les tribunaux israéliens tant qu’ils ne seront pas libérés de leur détention sans inculpation ni procès.

Pendant ce temps, les grévistes de la faim ont poursuivi leur « bataille des estomacs vides ». L’appel de Fasfous devait être entendu le 22 septembre, mais il a été reporté par le système judiciaire de l’occupation israélienne au 30 septembre, alors que Fasfous n’a pas mangé depuis plus de deux mois et qu’il est confronté à de graves problèmes de santé. Abu Aker, qui fait une grève de la faim depuis plus d’un mois, est détenu à l’isolement dans une cellule sale et exiguë, sans fenêtres, dans la prison d’Ofer.

Qawasmeh, âgé de 24 ans, est toujours détenu à l’hôpital de Kaplan en raison de la grave détérioration de son état de santé ; il a un faible rythme cardiaque, le souffle court, la vision trouble et des douleurs dans tout le corps. Il est incapable de se tenir debout et il est enchaîné au lit de l’hôpital israélien par la main droite et le pied gauche. Dans la chambre d’hôpital, trois geôliers sont constamment présents et mangent devant lui afin de le narguer pour qu’il mette fin à sa grève.

 

Qu’est-ce que la détention administrative ?

 

La détention administrative a été utilisée pour la première fois en Palestine par le mandat colonial britannique, puis adoptée par le régime sioniste ; elle est désormais utilisée de manière routinière pour cibler les Palestiniens, en particulier les dirigeants communautaires, les militants et les personnes influentes dans leurs villes, camps et villages.

Il y a actuellement environ 540 Palestiniens emprisonnés sans inculpation ni procès en détention administrative, sur les 4 850 prisonniers politiques palestiniens. Ces ordres sont émis par l’armée et approuvés par les tribunaux militaires sur la base de « preuves secrètes », dont les détenus palestiniens et leurs avocats n’ont pas connaissance. Délivrés pour une durée maximale de six mois, ils sont renouvelables indéfiniment. Les Palestiniens – y compris les enfants mineurs – peuvent passer des années en détention administrative sans inculpation ni procès.

Le mercredi 11 août, les Palestiniens de Gaza ont manifesté devant le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Gaza pour soutenir les grévistes de la faim. Ils ont demandé que les institutions internationales assument leurs responsabilités en protégeant les détenus palestiniens et en demandant aux responsables israéliens de rendre des comptes devant les tribunaux internationaux.

 

Qui sont les grévistes de la faim ?

 

  • 1. Kayed Fasfous : âgé de 32 ans et originaire de Dura – al-Khalil (Hébron), il a commencé sa grève il y a 73 jours. Il est détenu ‘sans charge ni procès depuis octobre 2020, et emprisonné à la prison de Ramon.
  • 2. Miqdad Qawasmeh : âgé de 24 ans et originaire d’al-Khalil (Hébron), il a commencé sa grève il y a 66 jours. Étudiant palestinien, il est emprisonné sans charge ni procès depuis janvier 2021. Il est détenu à la prison d’Ofer.
  • 3. Alaa al-Araj : âgé de 34 ans et originaire de Tulkarem, il a lancé sa grève il y a 48 jours. Il est incarcéré depuis le 30 juin sans inculpation ni jugement en détention administrative et est détenu à la prison de Megiddo.
  • 4. Hisham Ismail Abu Hawash : âgé de 39 ans et originaire de Dura – al-Khalil (Hébron), il est en grève de la faim depuis 40 jours. Il est emprisonné sans inculpation ni jugement depuis octobre 2020 en détention administrative. Après de multiples arrestations, il a passé huit ans dans les prisons israéliennes. Il est marié et père de quatre enfants.
  • 5. Raik Sadeq Bisharat : âgé de 44 ans et originaire de Tubas, il a commencé sa grève il y a 35 jours. Il est incarcéré sans inculpation ni jugement en détention administrative depuis juillet 2021. Il est un ancien prisonnier blessé et a passé 9 ans dans une prison israélienne. Sa main a été amputée et sa femme a été martyrisée par l’occupation israélienne.
  • 6. Shadi Abu Aker : âgé de 37 ans et originaire du camp de réfugiés d’Aida à Bethléem, il est en grève de la faim depuis 32 jours pour rejeter sa détention administrative. Il est incarcéré sans inculpation ni jugement depuis octobre 2020. Marié et père de deux enfants, il est un ancien détenu qui a passé 10 ans dans une prison israélienne avant sa libération en 2012. Il a depuis été placé en détention administrative à trois reprises.

 

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre le Collectif Palestine Vaincra, appelle tous les partisans de la Palestine à agir pour soutenir ces six grévistes de la faim palestiniens et tous les prisonniers palestiniens qui luttent pour la liberté, pour leur propre vie et pour le peuple palestinien. Ils affrontent le système d’oppression israélien en première ligne, avec leur corps et leur vie, pour mettre fin au système de détention administrative. Développons des actions pour soutenir les grévistes de la faim et la lutte pour la libération de la Palestine de la mer au Jourdain !

 

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra