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672 institutions financières européennes ont des relations financières avec 50 entreprises qui sont activement impliquées dans les colonies israéliennes illégales. Ces institutions financières ont fourni 114 milliards de dollars sous forme de prêts et de prises fermes et ont détenu des investissements à hauteur de 141 milliards de dollars en actions et obligations de ces entreprises. C’est la principale conclusion d’un nouveau rapport de recherche publié aujourd’hui par une coalition transrégionale d’ONG palestiniennes et européennes, qui a examiné les flux financiers entre janvier 2018 et mai 2021.

La coalition « Don’t Buy into Occupation » (DBIO) est un projet conjoint entre 26 organisations palestiniennes, régionales et européennes basées en Belgique, en France, en Irlande, aux Pays-Bas, en Norvège, en Espagne et au Royaume-Uni (RU)[i]. La coalition enquête sur les relations financières entre les entreprises impliquées dans la colonisation israélienne illégale dans le Territoire palestinien occupé (TPO) et les institutions financières européennes (IF).

 

Fournir de l’oxygène économique

 

Les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international et constituent des actes qui engagent la responsabilité pénale individuelle en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Pourtant, les institutions financières européennes continuent d’investir des milliards dans des entreprises qui participent activement à l’entreprise de colonisation israélienne.

Les recherches menées par la coalition DBIO montrent qu’entre 2018 et mai 2021, 672 institutions financières européennes, dont des banques, des gestionnaires d’actifs, des compagnies d’assurance et des fonds de pension, ont eu des relations financières avec 50 entreprises activement impliquées dans les colonies israéliennes[ii] 114 milliards de dollars US ont été fournis sous forme de prêts et de prises fermes. En mai 2021, les investisseurs européens détenaient également 141 milliards de dollars en actions et obligations de ces entreprises.

Ces entreprises et institutions financières jouent un rôle essentiel en facilitant la croissance de la viabilité économique de l’entreprise de colonisation israélienne. Comme l’écrit le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, Michael Lynk, dans une préface au rapport DBIO : « L’implication de ces entreprises dans les colonies – par le biais d’investissements, de prêts bancaires, d’extraction de ressources, de contrats d’infrastructure et d’accords de fourniture d’équipements et de produits – leur fournit l’oxygène économique indispensable dont elles ont besoin pour se développer et prospérer. »

 

La responsabilité des entreprises

 

Ces entreprises, créanciers et investisseurs ont la responsabilité de s’assurer qu’ils ne sont pas impliqués dans des violations du droit international et ne sont pas complices de crimes internationaux, et de remédier à tout impact négatif sur les droits de l’homme découlant de leurs activités commerciales et de leurs relations financières.

On attend des entreprises qu’elles réagissent rapidement et qu’elles envisagent un désengagement responsable. Les institutions financières internationales, y compris les banques et les fonds de pension, ont la responsabilité d’utiliser leur influence pour s’assurer que les entreprises dans lesquelles elles investissent agissent de manière responsable et en conformité avec les normes du droit international, et de se désengager de celles qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire.

Récemment, plusieurs institutions financières et entreprises ont pris leurs responsabilités en se désinvestissant des entreprises commerciales liées aux colonies israéliennes. Les deux exemples les plus récents et les plus importants sont ceux de Kommunal Landspensjonskasse (KLP) et du Fonds de pension du gouvernement norvégien Global (GPFG). KLP est la plus grande société de retraite norvégienne qui, en juillet 2021, s’est désengagée de 16 entreprises liées à la colonisation israélienne. Dans le même ordre d’idées, GPFG a annoncé en septembre 2021 qu’il allait exclure trois entreprises qui participent activement à la colonisation israélienne. Les 19 entreprises exclues par KLP et GPFG figuraient dans la base de données de l’ONU sur les entreprises impliquées dans certaines activités liées aux colonies israéliennes dans le TPO, mandatée par le Conseil des droits de l’homme en 2016, et publiée en février 2020.

 

« Malgré le caractère illégal des colonies israéliennes au regard du droit international, les institutions financières européennes continuent de jeter une bouée de sauvetage financière aux entreprises opérant dans les colonies. Les institutions financières européennes devraient prendre leurs responsabilités et suivre l’exemple de KLP et de GPFG. Elles devraient mettre fin à tous les investissements et flux financiers dans les colonies israéliennes, et ne pas acheter l’occupation israélienne », conclut Willem Staes, coordinateur de la coalition DBIO.

 

Le rapport complet est disponible ici.

Plus d’informations sur le site de DBIO : https://dontbuyintooccupation.org

 

Note : Le rapport présente les investissements dans une entreprise au niveau du groupe, indépendamment des autres activités ou du pourcentage du chiffre d’affaires qu’elle tire des activités liées à la colonisation. Il est impossible pour une institution financière d’être sûre que les services financiers qu’elle fournit à une entreprise ne seront pas utilisés pour des activités liées à l’entreprise de règlement.

 

Source : Al-Haq Center – Traduction : Collectif Palestine Vaincra