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Les femmes palestiniennes emprisonnées continuent de se mobiliser pour défendre leurs droits contre les attaques des forces d’occupation israéliennes. Selon des informations en provenance de Palestine, la mobilisation des prisonnières a satisfait sa première revendication, à savoir la fin de l’isolement carcéral de leurs représentantes. Mona Qaadan et Shorouq Dwayyat ont été ramenées à la prison de Damon depuis Gilboa, où elles étaient détenues en isolement ; et Marah Bakir serait bientôt ramenée à Damon depuis le centre d’interrogatoire de Jalameh. Cependant, les femmes détenues continuent de se battre pour leurs demandes de visites familiales et d’appels téléphoniques et pour mettre fin aux attaques des forces répressives.

Le mouvement des prisonniers palestiniens a insisté sur la fin de l’isolement des trois femmes comme condition pour entamer un dialogue sur la situation des prisonnières palestiniennes, ainsi que sur la levée des sanctions injustes à leur encontre. Néanmoins, tout cela nécessite une vigilance et une action permanentes, car les attaques les plus récentes sont survenues quelques jours seulement après que les femmes ont obtenu la promesse de pouvoir téléphoner à leurs familles après avoir été privées de visites familiales.

Les femmes détenues continuent de rendre leurs repas en signe de protestation contre les agressions subies ces derniers jours par les forces répressives et l’isolement de Bakir, Dwayyat et Qaadan. Les prisonnières ont été soumises à des audiences disciplinaires par contumace, et il a été ordonné de les priver de visites familiales et de la « cantine » (magasin de la prison) pendant un mois – alors qu’elles ont déjà été collectivement privées de visites familiales pendant trois mois, l’une des principales raisons pour lesquelles elles ont lancé leur protestation. Maysoon Musa al-Jabali, Nourhan Awwad, Shorouq Dwayyat, Malak Salman et Marah Bakir ont été condamnés à une double peine et à une amende.

L’administration pénitentiaire a également menacé de supprimer la représentation des femmes détenues, qui s’occupe des questions de négociation et de traitement avec l’administration. Marah Bakir représente les femmes détenues, et Shorouq Dwayyat est son adjointe. Ils ont menacé de les classer comme prisonnières « civiles » plutôt que comme prisonnières « de sécurité », une tentative de les priver de ce qui est essentiellement leur désignation de prisonnières politiques – sans doute, sans les droits et avantages dont jouissent les prisonniers civils israéliens.

Les prisonnières ont été empêchées de quitter leur cellule, privées de douches pendant trois jours et empêchées de s’accompagner les unes les autres lors de visites à la clinique ou à l’hôpital de la prison. Elles ont également été menacées à plusieurs reprises avec des gaz lacrymogènes lorsqu’elles s’opposaient à l’une des mesures qui leur étaient imposées.

L’avocate palestinienne Hanan al-Khatib a rendu visite aux prisonnières de la prison de Damon, et a déclaré à l’issue de ses rencontres : « Les femmes prisonnières ont le moral malgré les circonstances difficiles qu’elles ont vécues. Elles sont rassurées par le large soutien dont elles bénéficient. Les prisonnières sont solidaires les unes des autres et n’abandonneront pas la demande de retour de leurs trois camarades soumises à l’isolement. Les prisonnières saluent tous ceux qui sont à leurs côtés. Le soutien du peuple palestinien et la communication avec leurs familles ne font que renforcer leur détermination et leur fermeté. »

Les organisations de la résistance palestinienne ont appelé à la poursuite de la solidarité avec les prisonnières et ont mis en garde contre les tentatives de dissimuler les crimes dont elles sont victimes. La direction des prisonniers du Hamas a publié une déclaration, mettant en garde contre le fait que « l’administration des prisons d’occupation, en renvoyant les sœurs emprisonnées isolées dans leurs cellules et en rétablissant leurs conditions de vie telles qu’elles étaient auparavant, tente de dissimuler ses crimes odieux et ses actions hideuses afin d’empêcher que le mouvement de rue et la résistance répondent. »

La branche prison du Front Populaire de Libération de la Palestine a appelé à un « état d’alerte public en soutien » aux femmes prisonnières, appelant à la protestation, à l’action et à la confrontation face aux colons et à l’armée d’occupation pour se tenir aux côtés des femmes prisonnières et soutenir leur détermination.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, dont est membre le Collectif Palestine Vaincra, appelle à la plus forte campagne de solidarité internationale avec ces femmes palestiniennes emprisonnées, en première ligne de la lutte pour la justice et la libération de la Palestine. Pour en savoir plus sur les prisonnières palestiniennes et sur la manière dont vous et votre organisation pouvez soutenir leur lutte, consultez la page de la campagne Aseerat.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a la responsabilité d’agir pour protéger ces prisonnières palestiniennes – et tous les Palestiniens emprisonnés – des actions de représailles et des punitions collectives imposées par l’occupation israélienne. Nous demandons au CICR d’agir pour protéger les femmes palestiniennes contre les attaques, d’assurer les visites des familles des femmes palestiniennes emprisonnées, d’assurer les appels téléphoniques aux membres de la famille des femmes palestiniennes emprisonnées et de faire respecter les droits des femmes prisonnières. Cliquez ici pour écrire une lettre au Comité international de la Croix-Rouge afin d’exiger que le CICR agisse pour défendre les femmes palestiniennes détenues.

Source : Samidoun – Traduction : Collectif Palestine Vaincra