Lundi dernier, une mission du Parlement européen en Palestine occupée devait débuter pour la première fois depuis le début de la pandémie de COVID-19. Cela signifie qu’une délégation officielle observerait directement les conséquences de l’apartheid imposé par le régime sioniste en se concentrant spécifiquement sur la Cisjordanie, y compris Jérusalem. Quelques jours avant cette visite, le ministère israélien des Affaires étrangères a refusé l’entrée à Manu Pineda, le président de la commission des relations UE-Palestine du Parlement européen, ce qui a conduit à l’annulation de la visite de toute la délégation.

Ce n’est pas la première fois qu’Israël refuse l’accès aux représentants de pays ou d’institutions étrangères qui entretiennent des relations diplomatiques avec l’État sioniste. En août 2019, il n’a pas autorisé l’entrée de deux démocrates membres du Congrès américain, Ilhan Omar et Rashida Tlaib. La délégation de l’UE à Gaza a également été interdite et expulsée, et depuis plus d’une décennie, elle n’autorise l’accès à Gaza à aucun membre du Parlement européen afin d’éviter tout rapport sur la situation que les Palestiniens vivent.

Ce n’est pas un hasard si l’interdiction d’entrée intervient après que Manu Pineda a évoqué le meurtre de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh lors de la session plénière du Parlement européen. L’entité sioniste maintient par tous les moyens à sa disposition sa politique d’opacité et de silence forcé : elle assassine des journalistes et des activistes internationaux, emprisonne des travailleurs humanitaires et tente par tous les moyens de priver les Palestiniens de la possibilité de dénoncer la colonisation sioniste et l’apartheid dont ils souffrent et auxquels ils luttent pour mettre fin. Israël cherche à contrôler totalement le territoire palestinien afin de poursuivre son plan d’expansion sioniste qui comprend un contrôle physique, mais aussi un contrôle de l’information qui s’opère par des stratégies de dissimulation, de propagande et de blanchiment.

Au cœur du projet israélien, il y a l’oppression du peuple palestinien et le contrôle de sa terre. Il s’agit d’un élément essentiel et nécessaire du système sioniste. Par conséquent, le régime bloque toute tentative d’enquête sur ses crimes, même si elle provient de l’UE qui l’a choyé depuis sa fondation, qui est toujours un partenaire commercial privilégié et qui a toujours détourné le regard de la barbarie coloniale imposée en Palestine, sans oser imposer la moindre sanction contre cet État d’apartheid.

Au nom de Samidoun, nous manifestons notre plein soutien à tous les représentants de la Délégation, à tous les groupes qui ont signé la déclaration commune de rejet et surtout à Manu Pineda, qui se bat depuis des années pour faire entendre la voix du peuple palestinien en Europe.

Face à cette sanction tacite, nous demandons que le Parlement européen pousse d’urgence à des sanctions et à l’isolement international de l’État sioniste. Il est de la responsabilité de tous les États signataires de la Convention de Genève de prendre des mesures pour forcer l’État hors-la-loi d’Israël à revenir à la légalité internationale, à se conformer aux résolutions de l’ONU, à mettre fin à l’occupation militaire, à l’apartheid et à la colonisation, à restituer toutes les terres volées, à renvoyer les réfugiés palestiniens expulsés lors de la Nakba et à fournir justice et réparations.

Malgré tout cela, le peuple palestinien reste ancré à sa terre et résiste toujours. Nous continuerons à soutenir inconditionnellement sa lutte légitime pour sa libération. De la mer au Jourdain, Palestine vaincra !

 

Source : Samidoun