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Depuis le début de l’année, le criminel de guerre et « ministre de la Défense » israélien, Benny Gantz, a qualifié à de multiples reprises de « terroristes » les organisations palestiniennes et internationales s’employant à défendre les droits palestiniens et à organiser la libération de la Palestine.

Vendredi 22 octobre, Gantz a désigné comme « terroristes » six organisations palestiniennes, toutes bien connues pour leur défense des droits humains palestiniens : Al-Haq, l’association Addameer des droits de l’homme et du soutien aux prisonniers, Defence for Children International – Palestine (DCI-P), le Centre Bisan de recherche et de développement, l’Union des comités des femmes palestiniennes (UPWC) et l’Union des comités du travail agricole (UAWC).

Cela suit la désignation de Samidoun par Gantz et le régime israélien comme une organisation « terroriste » le 21 février dernier. Fin août 2021, sans même publier un communiqué de presse, Gantz a également désigné comme « terroristes » EuroPal Forum, la Coalition juridique internationale pour la Palestine et la Conférence populaire des Palestiniens à l’étranger. Il est clair que le régime israélien a pleinement adopté comme pratique standard et politique la désignation en tant que « terroristes » des organisations qui défient efficacement son contrôle et qui dénoncent ses crimes à tous les niveaux : local, régional et international.

Toutes ces désignations visent avant tout à attaquer la volonté de s’organiser des Palestiniens, leur recherche, leur agriculture ainsi que le mouvement des prisonniers palestiniens. Nous exprimons notre solidarité totale avec toutes les organisations désignées de la sorte et affirmons une fois de plus que nous ne serons pas réduits au silence ni dissuadés par les campagnes de calomnie israéliennes ni par les tentatives en vue de semer la terreur collective contre les Palestiniens, les Arabes et les internationaux qui luttent pour la justice.  Cette répression doit nous inspirer pour organiser davantage et mettre sur pied une plus grande défense et solidarité mutuelle contre toutes les tentatives en vue d’utiliser l’étiquette du « terrorisme » pour criminaliser la résistance, l’action et la volonté d’organisation des Palestiniens.

Une fois encore, les désignations israéliennes s’avèrent essentiellement des copier / coller de la propagande d’extrême droite diffusée par des organisations comme NGO Monitor, qui vise à protéger Israël d’avoir à rendre des comptes au niveau international en calomniant et en attaquant les défenseurs des droits humains palestiniens. Leurs rapports boiteux, leurs allégations sans fondement et leurs déformations des faits font partie intégrante de leurs tentatives en vue de défendre le colonialisme israélien, l’occupation militaire, l’apartheid, l’état de siège et la détention de masse arbitraire de la Palestine et du peuple palestinien.  Ces sortes d’organisations de propagande l’ont fait en tentant d’empêcher les ONG palestiniennes de recevoir des donations ; par exemple, l’UAWC précitée a été confrontée à de semblables attaques de la part de ces organisations en Australie, aux Pays-Bas et ailleurs.

De telles désignations comme « terroristes » peuvent être utilisées comme une justification pour arrêter des membres, réduire à l’inaction des organisations et des centres ou pour étiqueter des organisations comme « illégales » à l’intérieur de la Cisjordanie occupée. Vu notre expérience de cette désignation depuis février dernier, ces désignations sont utilisées comme munitions dans divers pays par des groupes sionistes de « guerre juridique » dans une tentative en vue de créer un climat de crainte visant à saper la solidarité collective, couper les fonds ou l’accès aux banques et réduire au silence les partisans de la justice, des droits et de la libération de la Palestine lors d’événements internationaux.

Via ces désignations, Israël a montré clairement que sa définition du « terrorisme » portait sur toute action de résistance à son colonialisme dans la Palestine occupée. Dans bien des cas, comme aujourd’hui avec ces désignations d’Addameer et de DCI-P, de même que la désignation existante de Samidoun, il est clair que ceci est une tentative en vue de couper les prisonniers politiques palestiniens – dont les enfants prisonniers – d’un soutien juridique, politique et moral qui va croissant et d’attaquer le mouvement des prisonniers palestiniens. Dans le cas d’organisations comme Al-Haq, il est clair qu’Israël veut utiliser la désignation de « terroristes » pour se forger une impunité vis-à-vis des poursuites internationales, alors que les désignations d’organisations comme Bisan, l’UPWC et l’UAWC visent à saper et cibler le sens de l’auto-organisation du peuple palestinien, sa recherche et sa souveraineté alimentaire.

Quand la marque de crème glacée Ben & Jerry a annoncé qu’à l’avenir elle ne vendrait tout simplement plus de crème glacée dans les peuplements coloniaux illégaux suite à une campagne extensive lancée par des organisations en faveur de la justice sociale et des droits palestiniens, le président israélien Isaac Herzog a même qualifié cette tentative d’une société de se conformer aux lois internationales, ainsi que tous les boycotts d’Israël, de « terroristes ».

Alors que cet exemple est rhétorique, il indique tout simplement à quel point ce terme de « terroriste » est insensé quand il est utilisé par le régime israélien. Il signifie précisément toute organisation, tout activiste ou combattant de la liberté qui défie le colonialisme sioniste avec toutes les méthodes ou moyens de résistance dont il peut disposer. Le flou des désignations en tant que « terroristes » d’organisations qui s’emploient à dénoncer les crimes d’Israël et à organiser les Palestiniens souligne cette réalité.

En outre, il met exactement en évidence la raison pour laquelle toutes les désignations de ce genre devraient être considérées comme des trucs de propagande et rejetés par les tribunaux, les gouvernements, les institutions financières et toutes parties appelées à réprimer la volonté d’organisation des Palestiniens sur base de ces étiquettes bidon. De telles désignations n’ont aucun effet international et ne requièrent de personne de cesser de soutenir ces organisations. Au contraire, ces désignations doivent nous mobiliser pour créer un plus important soutien populaire aux organisations en faveur des droits palestiniens qui sont les cibles de l’occupation israélienne.

En outre, de telles désignations devraient également inspirer les partisans internationaux de la Palestine et les organisations concernées par la justice et les droits de l’homme afin d’adopter le boycott et l’isolement international d’Israël qui, une fois encore – comme c’est d’ailleurs le cas depuis 73 ans –, s’est voué à l’expulsion et à la répression du peuple palestinien dans un mépris complet de tout principe de droit ou de justice.

Comme nous l’avons fait remarquer en février, ces désignations constituent également une tentative en vue de détourner l’attention du grave problème auquel sont confrontés des centaines de responsables sionistes – dont Gantz en personne – qui sont effrayés des prochaines étapes dans les enquêtes de la Cour pénale internationale (CPI) après sa dernière annonce, le 5 février dernier, affirmant qu’elle disposait de l’autorité requise pour enquêter sur les crimes de guerre commis dans les territoires palestiniens occupés.

Ces désignations ne sont pas des attaques contre des organisations à titre individuel mais contre les défenseurs des droits humains palestiniens et les personnes dans le monde entier qui défendent la libération de la Palestine – et, fondamentalement, contre le peuple palestinien dans son ensemble, en particulier les détenus palestiniens des prisons de l’occupation israélienne. Elles tentent de réprimer le soutien croissant à la résistance légitime du peuple palestinien et à l’opposition à l’impérialisme et au sionisme.

Nous exprimons notre engagement ferme et décidé dans la défense mutuelle de (et la solidarité collective avec) toutes les organisations ciblées de façon similaire et qui œuvrent pour une Palestine libérée. La principale façon dont nous pouvons faire face à ces désignations consiste à intensifier notre organisation, nos actions, nos mobilisations et notre résistance afin de démanteler les structures du colonialisme, de concrétiser le droit au retour des réfugiés palestiniens et de soutenir la libération de tous les prisonniers palestiniens et de la Palestine, et ce, du fleuve à la mer.

Nous invitons toutes les personnes désireuses de s’engager dans la mise sur pied de cette solidarité collective à s’impliquer dans notre travail au sein de Samidoun. Cliquez ici pour faire un don en vue de soutenir notre travail. Pour savoir comment devenir membre ou comment créer une antenne dans votre région, envoyez-nous dès aujourd’hui un courriel à l’adresse samidoun@samidoun.net

 

Source : Samidoun – Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine
Crédit photo : Sam Cheng