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Depuis plus de 13 ans, 2 millions de Palestiniens subissent à Gaza un blocus inhumain de la part de l’occupation israélienne avec la complicité directe de l’Égypte et de tous les États qui entretiennent des relations économiques et politiques avec l’État sioniste. La situation s’est dangereusement détériorée ces derniers jours, nous proposons ci-dessous quelques éléments d’explications qui ont été fournis par un de nos correspondants sur place.

 

Une pénurie d’électricité organisée

 

Récemment, la situation humanitaire se détériore dangereusement. Les Palestiniens vivant à Gaza souffrent régulièrement de coupures de courant en raison de la pénurie de carburant, l’électricité étant fournie entre 12 h et 16 h maximum par jour. La crise de l’électricité a entraîné une paralysie presque totale de la vie, notamment des hôpitaux, des usines, des écoles et des ateliers. Il y a des dizaines de morts de malades dus à pénurie d’électricité.
La semaine dernière, l’occupation israélienne a annoncé l’arrêt de l’approvisionnement en carburant de la seule centrale électrique de la bande de Gaza. En conséquence, celle-ci a cessé de fonctionner le 18 août et oblige à réduire la fourniture en électricité à 3-4 h par jour seulement a annoncé aujourd’hui un responsable palestinien. Les quantités seront distribuées selon un “plan d’urgence”. Depuis 2006, la bande de Gaza souffre d’une grave crise de fourniture de sources d’énergie. Elle a besoin d’environ 500 mégawatts, alors que la puissance disponible dans l’enclave palestinienne atteint 180 mégawatts (120 MW en provenance d’Israël et 60 MW de la centrale électrique de Gaza). À mesure que la crise de l’électricité s’intensifie, les services de base devraient se détériorer rapidement, en particulier les services de santé et d’assainissement, notamment les sources d’eau potable et les services d’hygiène.

 

Le blocus de marchandises est intensifié et la zone de pêche réduite

 

Le mercredi 12 août 2020, les autorités israéliennes ont annoncé de nouvelles restrictions sur la circulation des marchandises entrant dans la bande de Gaza et ont réduit la zone de pêche, en réponse au lancement de ballons incendiaires vers les colonies israéliennes adjacentes à la bande de Gaza.
La décision a été prise de réduire la zone de pêche autorisée de 15 à 8 miles nautiques jusqu’à nouvel ordre. Par ailleurs, il est important de souligner que 4000 pêcheurs travaillent à Gaza et permettent de faire vivre jusqu’à 50.000 personnes selon le syndicat des pêcheurs. Même avant cette décision, les pêcheurs de Gaza souffraient déjà d’une incapacité à pêcher et à naviguer librement dans la zone de pêche autorisée en raison des attaques israéliennes récurrentes en mer, de l’interdiction d’entrée des équipements et des fournitures nécessaires aux pêcheurs. Une telle politique vise à rendre la situation invivable pour des milliers de Palestiniens.
Cette décision fait suite à la précédente décision des autorités israéliennes le lundi 10 août de fermer le point de passage de marchandises de Karm Abu Salem, sauf pour le transport pour des cas humanitaires vitaux.

 

Une situation qui était déjà dramatique

 

L’impact des nouvelles décisions israéliennes va aggraver la crise humanitaire, en particulier en augmentant le chômage, la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les statistiques antérieures aux restrictions récentes indiquent un taux de chômage dangereux de 46 %, soit 211 300 travailleurs sans emploi ; ce taux est le plus élevé chez les jeunes, à 63 %. En outre, plus de la moitié de la population de la bande de Gaza souffre de pauvreté. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre de la politique de blocus complet imposé par les autorités israéliennes à la bande de Gaza depuis juin 2007, les points de passage de la bande de Gaza ayant connu un renforcement des restrictions à la circulation des biens et des personnes. En ce qui concerne les points de passage commerciaux, les autorités israéliennes continuent d’imposer des restrictions strictes à l’entrée de biens classés comme « matériaux à double usage ». Les autorités israéliennes répertorient officiellement 62 articles comme « à double usage » notamment des centaines de biens et de matériaux de base. Ils sont essentiels à la vie de la population, aussi l’imposition de restrictions à leur égard contribue à la détérioration des infrastructures et à la dégradation des conditions économiques, sanitaires et éducatives. Les autorités israéliennes continuent également à interdire l’exportation de produits de la bande de Gaza, à l’exception de quantités limitées qui ne dépassent pas 5 % des exportations mensuelles de Gaza avant la fermeture en juin 2007.

 

Des bombardements quotidiens

 

Depuis près de deux semaines, les avions et hélicoptères bombardent la bande de Gaza du nord au sud. Soit disant en représailles aux ballons incendiaires de la résistance, ces attaques s’inscrivent dans le cadre de la politique israélienne de punition punitive de la population civile de Gaza au mépris de toutes les lois internationales en vigueur, notamment les principes de nécessité, de distinction et de proportionnalité. En effet, l’armée israélienne a attaqué plusieurs installations civiles comme une école de l’UNRWA.

 

L’objectif de l’intensification du blocus et de ces attaques quotidiennes est clair : le peuple palestinien doit abandonner son droit légitime à la résistance. Un chantage immonde auquel Gaza refuse de céder depuis plus de 13 ans. Face à cette situation, notre responsabilité est de faire grandir l’exigence de la fin du blocus de Gaza sans condition et immédiatement et de soutenir le droit inaliénable de résister d’un peuple colonisé !