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Suite à l’assassinat de son secrétaire général Abu Ali Mustafa le 29 août 2001 par l’armée israélienne, le Front Populaire de Libération de la Palestine a organisé une opération audacieuse en réponse à ce crime. Le 17 octobre 2001 dans un hôtel d’Al-Qods/Jérusalem, quatre combattants du FPLP exécutent Rehavam Zeevi, ministre israélien du tourisme, pour venger la mort d’Abu Ali Mustafa. Personnalité d’extrême droite, celui-ci était membre du parti Moledet, une organisation partisane du transfert de tous les Palestiniens hors de la Palestine historique. C’est la première fois qu’un ministre sioniste est tué par la résistance palestinienne.

Les quatre combattants ainsi qu’Ahmad Sa’adat, secrétaire général du FPLP, seront arrêtés et emprisonnés au début de l’année 2002 par l’Autorité Palestinienne en raison de la coordination sécuritaire avec l’occupation sioniste. En 2006, l’armée israélienne organise un raid contre la prison et enlève l’ensemble des prisonniers de cette opération. Ils seront tous condamnés à des peines de prisons extrêmement lourdes par un tribunal militaire.

De gauche à droite, les quatre membres du FPLP après leur arrestation : Ahed Abu Gholami, Hamdi al-Quraan, Basil al-Asmar et Magdy al-Rimawi.

A l’occasion de la 19ème commémoration de cette opération, le journal palestinien Al-Hadaf souligne « qu’au cœur du projet de lutte nationale palestinienne se trouve une lutte contre le fascisme, le racisme, le meurtre et le génocide […]. Cette lutte vise à préserver l’être humain et son droit d’exister, de vivre et de jouir de tous ses droits, quelle que soit sa couleur, son sexe, sa religion, etc. Les camarades du martyr Abu Ali Mustafa n’ont pas tué qu’un ministre sioniste et un ancien général raciste et terroriste, mais surtout un outil du génocide et du nettoyage ethnique des Palestiniens. Ils ont neutralisé l’un des outils de leur assassinat, réduit le nombre des victimes potentielles de cette guerre et affirmé leur humanité en rejetant le racisme et le colonialisme. »

Par ailleurs, les Brigades Abu Ali Mustapha (la branche militaire du FPLP) ont publié un communiqué le 17 octobre 2020. Dans celui-ci, ils rappellent la portée politique de l’opération en soulignant« qu’elle n’était pas une coïncidence et qu’elle n’était pas arrivée par hasard. C’était un processus organisé et soigneusement étudié, à travers lequel le Front populaire de libération de la Palestine voulait délivrer plusieurs messages. Le premier est que le sang de nos dirigeants, de notre peuple, de nos enfants et de nos combattants est précieux […] Et le second est que les Brigades Abu Ali Mustafa voulaient s’assurer que le monde, les régimes arabes et tous ceux qui tremblent de peur en entendant le nom de l’État d’occupation voient que cette entité est faible et fragile ». Ils poursuivent en rappelant que « le terrorisme, dans son sens juridique et ses fondements moraux et humanitaires, est ce que fait l’ennemi sioniste et américain. Nous pratiquons la résistance, nous pratiquons un droit légitimé par le droit international. Nous pratiquons le combat et la lutte pour expulser les colons de notre terre. Nous sommes des combattants et non des terroristes ! »

Chaque année, le 17 octobre est célébré par l’ensemble des organisations de la résistance palestinienne comme un jour de victoire. Elles considèrent que cette opération a fait la démonstration pratique que la peur pouvait changer de camp. Aujourd’hui dans le nord de Gaza, les partisans du FPLP se sont rassemblés en arborant plusieurs pancartes de soutien à la résistance et aux prisonniers palestiniens et en mettant le feu à un cercueil à l’effigie de Zeevi. Ils ont conclu leur initiative en soulignant que « les Brigades Abu Ali Mustapha n’abandonneront pas nos courageux captifs en particulier Wael Al-Jaghoub [placé à l’isolement depuis 6 mois] et Maher Al-Akhras [en grève de la faim depuis plus de 80 jours]. Nous ne vous abandonnerons pas et nous resterons fidèles au sang des martyrs ».

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